01 juillet 2009
Montréal l'été
Après avoir écouté un excellent film français (Il y a longtemps que je t'aime), nous avons décidé d'aller prendre une petite (une heure!) marche. Premier objectif: le Vieux-Port où se déroulait la Fête du Canada. Il y avait de la bonne musique et des effets lumineux intéressants, mais on se demandait bien où était le patriotisme. Mais ça faisait mon affaire: je ne vois vraiment pas où est le fun de fêter un non-pays. Il y avait foule.
Ensuite, direction Festival de Jazz où il y avait également foule. Nous sommes allés voir la nouvelle maison du Jazz et la Place des festivals. Très bonne ambiance et de mon oeil de pro, je peux vous dire que la scénographie est très belle.
Pour continuer, le chemin du retour. Pourquoi pas marcher sur Ste-Catherine, fermée entre Berri et Papineau? Encore là, beaucoup d'ambiance. Allez dans mon coin de pays, vous aimerez le thème «Beau temps pour étendre». J'adore cette tradition de fermer les rues.
Après toutes ces belles promenades inspirantes, j'ai essayé de me mettre dans la peau d'un touriste. Il me semble que j'aurais dit: wow, c'est vraiment hot Montréal. Ah, décidément, Danny Laferrière a vraiment trouvé la meilleure description de l'ambiance estivale montréalaise: c'est un été qui a connu l'hiver.
04 mai 2009
Ville-art, ville-bordel
À l'approche de la campagne électorale à la mairie de Montréal, en ces temps de scandales, je réfléchis à l'avenir de ma ville d'adoption. Je voudrais que Montréal se transforme, mais je ne sais pas trop comment on devrait s'y prendre.
Parfois, quand je pense à Paris, je trouve que Montréal manque cruellement de planification. Je trouve que nous avons une ville patchée. Un peu de tout, mais aucune cohérence. C'est là que je sombre dans la mégalomanie et que je me mets à rêver d'un maire capoté qui aurait une vision claire de sa ville et qu'il la transformerait, même si cela signifierait de somber dans l'autocratie. Si c'était moi l'autocrate, je partirais du Vieux-Port pour aller partout par la suite et j'examinerais chaque coin de paysage pour le façonner selon ma conception esthétique de l'urbanité. Une ville-art.
Parfois, je me dis plutôt qu'on devrait assurer les services essentiels et laisser le reste respirer. Arrêter de mettre des bâtons dans les roues. Accepter n'importe quoi. Ramasser les poubelles et laisser faire le reste. Une ville laide, mais une ville vivante, reflet des pulsions primaires de ses habitants. Une ville-bordel.
Mais comme la modération a bien meilleur goût, préparons-nous aux élections.
20 mars 2009
Starmania ou la condition urbaine
J'ai adoré la version de l'Opéra de Montréal de Starmania. Quel spectacle émouvant! Ça nous ramène en pleine face à notre condition humaine et urbaine. Starmania est peut-être un vieux show, mais il n'a pas perdu de son actualité. Et les voix d'opéra étaient superbes. J'avais peur que la mise en scène soit sclérosée par la formule opéra, mais il n'en était rien. Tout était réalisé avec beaucoup de classe et de dynamisme.
J'ai beaucoup ri aux toilettes de la Place-des-Arts. J'attendais mon compagnon quand j'ai entendu une madame s'étonner du fait que, pour une fois, les toilettes des femmes étaient libres alors qu'il y avait une file devant celles des hommes. Un homme lui a répondu: «c'est parce que nous sommes beaucoup de Ziggy (un personnage homosexuel dans Starmania) ce soir». La madame, qui ne comprenait visiblement pas les enjeux de sa société, a répondu: «vous êtes venus voir les belles femmes sur la scène?».
Je reviens à Starmania. Ça m'a marqué. De New York à Tokyo, tout est partout pareil. Je chantais encore la chanson ce matin en marchant pour aller travailler. Et je me suis rendu compte que c'est fou comme on rencontre les mêmes personnes jour après jour. Nous sommes tous des humains avec des horaires intégrés. Un vrai Truman Show. Ils sont tous fidèles au poste: travailleurs mais aussi mendiants. Et c'est fou comme on ne se parle pas. Anonymat urbain que l'on essaie de préserver par un regard rêveur. Et c'est fou comment tout change quand on part 10 minutes plus tôt. Une nouvelle ville, car de nouvelles personnes. On suivra gaiement le troupeau, dans les villes de l'an 2000.