04 mai 2009
Ville-art, ville-bordel
À l'approche de la campagne électorale à la mairie de Montréal, en ces temps de scandales, je réfléchis à l'avenir de ma ville d'adoption. Je voudrais que Montréal se transforme, mais je ne sais pas trop comment on devrait s'y prendre.
Parfois, quand je pense à Paris, je trouve que Montréal manque cruellement de planification. Je trouve que nous avons une ville patchée. Un peu de tout, mais aucune cohérence. C'est là que je sombre dans la mégalomanie et que je me mets à rêver d'un maire capoté qui aurait une vision claire de sa ville et qu'il la transformerait, même si cela signifierait de somber dans l'autocratie. Si c'était moi l'autocrate, je partirais du Vieux-Port pour aller partout par la suite et j'examinerais chaque coin de paysage pour le façonner selon ma conception esthétique de l'urbanité. Une ville-art.
Parfois, je me dis plutôt qu'on devrait assurer les services essentiels et laisser le reste respirer. Arrêter de mettre des bâtons dans les roues. Accepter n'importe quoi. Ramasser les poubelles et laisser faire le reste. Une ville laide, mais une ville vivante, reflet des pulsions primaires de ses habitants. Une ville-bordel.
Mais comme la modération a bien meilleur goût, préparons-nous aux élections.