12 novembre 2009
Lang Lang
J'ai lu la biographie du célèbre pianiste chinois Lang Lang surtout parce que j'irai bientôt l'écouter en concert à l'OSM. Rien que pour ça, je suis content de m'être tapé de cette brique, impressionnante pour un jeune de 27 ans!
Le livre est une longue pente descendante. Au début, c'est très fascinant de voir ce qu'on a imposé à ce pauvre petit Lang Lang. Ce sont ces pages que j'aurai en tête quand je le verrai se faire aller sur le piano. Mais par la suite, plus on se rapproche de l'âge adulte, plus ça devient gazant. On dirait quelqu'un qui se regarde dans le miroir et qui se trouve bien bon et bien beau. Aucun croustillant, que du talent et de la bonté humaine. Par exemple, le récit de son voyage en Tanzanie est truffé de clichés sur l'aide humanitaire.
Bref, je vois avec ce livre les limites du format biographique et ça me remet en question, moi qui pensais peut-être avec mes écrits sur Vecteur constituer une autobiographie de la banalité. J'espère tirer une leçon de ce livre qui n'est pas plate seulement grâce à son nombre important de pages...
22 octobre 2009
Au nom de tous les miens
Je suis né alors que nous ne parlions plus vraiment de ce qui c'était passé lors de la seconde Guerre mondiale. Je me souviens même d'avoir entendu souvent l'expression «je m'en fous comme l'an quarante». Et pourtant, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, c'est tout comme si j'étais né à la même époque.
J'ai eu pas mal de cours à l'université sur le sujet et nous avons abordé les enjeux, expliqué l'humiliation de l'Allemagne et sa volonté de croissance, comparé les forces en présence et évoqué l'horreur des camps d'extermination des Juifs.
Mon enfance, mon adolescence et mon âge adulte ont été peuplés de films et de documentaires sur le sujet. La vie est belle, bien entendu, La liste de Schindler et, il y a longtemps, Au nom de tous les miens. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai été marqué par ces films, parce que je suis allé en Allemagne cet été et que j'ai visité un quartier général de la Gestapo ou parce que j'ai lu dernièrement Le rapport de Brodeck, mais j'avais le goût d'aller plus loin dans cette visite de l'enfer, je voulais sonder ce qu'il y a de plus laid chez l'homme, je voulais comprendre ce que veulent dire les plus anciens lorsqu'ils supplient de ne pas oublier.
J'ai choisi d'y aller avec une autobiographie et pas n'importe quelle. Au nom de tous les miens de Martin Gray. C'est magnifiquement écrit. Ça fait longtemps qu'un auteur n'a pas réussi à autant me faire vibrer. Aucun détail n'est épargné. La réalité crue. Les formules qui choquent.
Martin Gray est un survivant. Il a tout vécu. C'est comme s'il avait eu une centaine de vies. Plus il avance dans son récit, plus il réussit à se convaincre lui-même de la nécessité de survivre. Il s'est donné comme mission de tout raconter. Et sa voix est tout ce qu'il reste des milliers de personnes, les siens, qu'il a vues mourir en tant qu'objet dénué de valeur aux yeux des bourreaux.
Tout ça force à réfléchir. On a beau essayer de contextualiser les crimes, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une cicatrice énorme dans notre histoire. Nous pensions que les barbares étaient morts depuis longtemps, mais en fait, nous avons découvert que l'homme pouvait être bien pire ça. C'est une chose d'être un animal et d'exercer la violence au hasard. C'en est une autre d'organiser la violence, de l'industrialiser comme l'ont fait les Allemands. Oui, l'homme, cet être rationnel, a montré que sa faculté de réfléchir mène à bien pire que la loi de la jungle.
Difficile de faire des parallèles qui tiennent la route. Impossible peut-être. Mais le courage de Martin Gray m'interpelle beaucoup. Il me fait réfléchir à mon petit confort. Il me fait également réfléchir aux miens. Lui, il a tout fait pour s'occuper des siens. Il a mis sa vie en danger à plusieurs reprises, alors qu'il n'était pas obligé. Et les miens, qui sont ostracisés à l'école ou même tués dans certains pays juste parce qu'ils aiment autrement, que fais-je pour eux? Rien. J'ai décidé de vivre tranquillement. J'ai pris ma retraite du combat et je n'en suis pas fier. En fait, après avoir lu ce livre, je peux dire que ne suis pas fier de l'humanité entière. Notre civilisation n'est rien au fond, parce que tous nos beaux principes peuvent s'envoler très rapidement et nous ramener à notre état animal et même sous-animal.
28 mars 2009
Dieu, c'est quoi son gros trip?
Je suis en train de lire Anges et Démons. C'est excellent. Évidemment, on lit du Dan Brown pour le suspense. Mais parfois, c'est un peu trop. Moi des chapitres qui se terminent par «elle ouvrit la porte et s'écria Sainte-Marie, c'est incroyable», je trouve ça un peu trop. Ça réduit les nuits en tout cas: ok encore un petit chapitre. Comme me l'avait prédit Humeurs, il y a un peu plus que du suspense dans le livre. Eh oui, une réflexion sur Dieu. Une tentative de réconcilier religion et science. Bien essayé. On recrée le Big Bang en laboratoire question de prouver qu'il n'y a qu'une énergie pure (Dieu!) qui peut être à l'origine de ce phénomène. Ouin, mais Dieu, lui, il vient d'où? Quand est-il apparu? Et pourquoi? S'il existe, c'est quoi son gros trip?
Dan Brown m'a au moins rassuré: c'est un principe scientifique reconnu que de dire que rien ne peut être créé à partir de rien. Mais cela vient se confronter avec une limite psychologique que j'ai: je ne peux imaginer quelque chose qui ait existé depuis toujours, incluant une énergie pure. Alors je règle tout ça bien simplement, j'accepte mes limites psychologiques, je me dis qu'il n'y a rien à comprendre et je vis ma vie du mieux que je peux.
PS: je n'ai pas fini le livre, alors pas un mot sur la suite!