Vecteur

Vecteur: ce qui véhicule, transmet quelque chose. Dans ce webzine décapant, il y aura régulièrement de nouvelles chroniques qui porteront autant sur les petits riens que sur les grands enjeux qui traversent ma vie et ma société.

20 novembre 2009

En reperdre

Il y a eu une époque où l'intelligence (celle qui relève de la logique) était pour moi une qualité qui battait toutes les autres. Je me comparais et j'essayais de me convaincre que j'étais au-dessus de la moyenne. Je tentais par tous les moyens de la développer, alors qu'on n'y peut sûrement rien.

Les méchantes langues diront que c'est parce que j'ai perdu mon combat, mais aujourd'hui je vois l'intelligence (avec les yeux du cooooeuuuuuur) comme un état et non comme une qualité. Je me sens d'ailleurs personnellement moyen et je suis plutôt zen par rapport à ça.  Ça a peut-être à voir avec le fait que nous avons collectivement raffiné notre conception de l'intelligence en prenant en considération les capacités émotionnelles, relationnelles, de visualisation spatiale, etc. Mais au bout du compte (on se rend commmmmmmpte) je suis zen parce que je ne sais plus trop à quoi ça sert l'intelligence. Oui, construire un pont et tout ça, ça prend l'intelligence, on s'entend, mais pour le développement de la personne, pour l'avancement de l'humanité, je crois qu'on surestime l'apport de l'intelligence.

Je dirais que la conscience est maintenant ma nouvelle préoccupation. Avoir conscience des enjeux qui nous entourent (même sans avoir l'intelligence pour les analyser), avoir conscience de la condition humaine, avoir une vraie conscience de soi, c'est tout ce qui compte. Et voilà également ma grande peur, celle d'en reperdre de ce côté-là, d'oublier des détails, de ne plus porter attention à des luttes qui me tenaient autrefois à coeur, de développer une indifférence générale.

Vous voyez, je ne me souviens même plus où je voulais en venir avec tout ça :)

Posté par Vecteur à 13:08 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


12 août 2009

Tu n'y peux rien si je ne suis rien

La violence. Pour s'exercer, elle a besoin d'un point d'appui. La violence réellement gratuite, sans aucun prétexte, est rare. C'est un ancien professeur d'université qui m'avait expliqué ça. La violence est un flux d'énergie qui doit se canaliser à travers un objet. Sans obstacle, la violence continue son chemin sans s'arrêter. C'est l'identité qui canalise la violence. Imaginez un monde sans identités: tout le monde pareil, pas de nom, pas de passé à défendre, pas de caractéristiques physiques ni de comportements particuliers. Tous les individus seraient identiques, comme s'ils avaient été fabriqués en série. Et probablement qu'il n'y aurait plus de violence. À quoi bon s'attaquer à quelqu'un qui ne représente rien?

Mais bon, le fait est que nous avons une identité. Il y a des gens qui passent leur vie à essayer de calquer le plus possible le style de vie dominant. Ce sont des personnes que l'on qualifie de «génériques».  Au lieu de miser sur une identité individuelle, elles misent sur une identité collective partagée par la majorité de la population. Voilà un excellent moyen de défense contre la violence. En choisissant le camp des dominants - des vainqueurs - les risques de persécution s'amenuisent. Mais le prix à payer est très élevé: il faut s'effacer.

Posté par Vecteur à 20:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
« Accueil  1