16 septembre 2009
Ma première fois
Ma mère a oublié son paquet de cigarettes chez moi. Il en restait 4 à l'intérieur. Comme elle a l'intention d'arrêter de fumer et que je ne la reverrai pas dans l'immédiat, j'ai pensé jeter le tout. Et c'est alors que je me suis rappelé que je croise chaque jour une dizaine de mendiants qui, sans exception, fument. J'ai mis le paquet dans ma poche en me disant que je pourrais peut-être le donner à celui qui est invariablement posté au coin McGill College et Sainte-Catherine.
Il faut que je me confesse. De toute ma vie, je n'ai jamais donné un sou à un mendiant. Jamais arrivé. Pourquoi donc? Officiellement, je pourrais tenir un discours semblable à celui du maire d'Ottawa à l'effet qu'il ne faut pas nourrir les mouettes si on ne les veut plus de son paysage. Ou alors, suis-je cheap? Je ne sais pas trop. Une réponse pragmatique et dénuée de méchanceté serait que je réussis toujours à passer ma monnaie partout. En tout cas.
Toujours est-il qu'en arrivant près du coin McGill College et Sainte-Catherine, je me suis mis à hésiter. Ça fait un an que je croise le même homme chaque jour et je ne lui ai jamais parlé. Pire, je ne l'ai jamais vraiment regardé. Maudit iPod! Comment l'aborder? Et surtout, ai-je le goût de devenir son nouveau meilleur ami? Ai-je le goût de lui parler chaque jour? Ai-je le goût de me sentir obligé de lui donner quelque chose de temps en temps? Bref, ai-je le goût de passer les douanes à chaque jour?
J'ai donc décidé de donner ledit paquet à un gars que je n'avais jamais vu. Il fumait devant une église. Je lui ai donné le paquet et il m'a souri. Et savez-vous quoi? Je n'ai rien ressenti. Décidément, je suis vraiment un être froid.