12 août 2009
Tu n'y peux rien si je ne suis rien
La violence. Pour s'exercer, elle a besoin d'un point d'appui. La violence réellement gratuite, sans aucun prétexte, est rare. C'est un ancien professeur d'université qui m'avait expliqué ça. La violence est un flux d'énergie qui doit se canaliser à travers un objet. Sans obstacle, la violence continue son chemin sans s'arrêter. C'est l'identité qui canalise la violence. Imaginez un monde sans identités: tout le monde pareil, pas de nom, pas de passé à défendre, pas de caractéristiques physiques ni de comportements particuliers. Tous les individus seraient identiques, comme s'ils avaient été fabriqués en série. Et probablement qu'il n'y aurait plus de violence. À quoi bon s'attaquer à quelqu'un qui ne représente rien?
Mais bon, le fait est que nous avons une identité. Il y a des gens qui passent leur vie à essayer de calquer le plus possible le style de vie dominant. Ce sont des personnes que l'on qualifie de «génériques». Au lieu de miser sur une identité individuelle, elles misent sur une identité collective partagée par la majorité de la population. Voilà un excellent moyen de défense contre la violence. En choisissant le camp des dominants - des vainqueurs - les risques de persécution s'amenuisent. Mais le prix à payer est très élevé: il faut s'effacer.