17 juin 2008
Avard, François - Pour de vrai: un reality book inspirant
Mylbou m'a prêté ce roman pas comme les autres. Je ne suis pas rendu très loin, mais je peux déjà dire que j'adore ça. Ce n'est pas une grande surprise, car j'ai bien aimé L'écriture d'Avard dans l'émission Les Bougon. Dès le début, des passages me frappent. Je fais ici un collage d'extraits pour vous mettre dans mon état d'esprit.
Toutes les décisions que l'on prend dans la vie, tous les choix que l'on fait, tous les gestes que l'on pose, même les plus anodins, prennent un jour tout leur sens. Les morceaux de vie ne s'emboîtent pas au même moment pour tout le monde. Il y a ceux qui pourront vivre une vie s'en remettre cela en question. Et il y a les autres, comme moi, qui constatent un jour qu'ils aboutissent dans un cul-de-sac. Je vous rassure tout de suite: je ne fais pas pitié. Je le sens: je suis tout près du bonheur. Je l'effleure. Et ce frôlement permanent m'irrite davantage qu'il me chatouille. Non, ce jour-là, j'étais persuadé de tenir la panacée: un reality book.
Le flash que je viens d'avoir n'a rien à voir avec le projet d'écriture d'Avard, mais il en est inspiré. Ça va bientôt faire deux ans que j'écris des morceaux de vie sur ce modeste blogue. Ne serait-il pas temps d'essayer de coller quelques morceaux? Comme Avard, je ne fais pas pitié. Moi aussi j'effleure le bonheur. Il ne me manque qu'à trouver un sens à ma vie. Juste ça! Et si j'essayais d'écrire un reality book à partir de toutes ces phrases qui se retrouvent pêle-mêle sur Vecteur? J'y songe.
16 juin 2008
Tague!
Attrape le livre le plus proche
Va à la page 123 (ou 23 si short book !)
Trouve la 5ème phrase
Et recopie les 3 suivantes
Tague 5 autres personnes
Seul un homme qui la voulait mais qu'elle refusait pouvait offrir à ma petite putain la mesure de sa valeur. Et comme elle voulait être à ses propres yeux la meilleure et la plus belle, elle s'est montrée extrêmement sévère et exigeante quand il a fallu choisir celui-là, l'unique, qu'elle honorerait de son refus. C'est moi qu'elle a finalement choisi, et j'ai compris que c'était un honneur exceptionnel, et aujourd'hui encore je considère cela comme mon plus grand succès amoureux.
Extrait de Risibles amours de Kundera.
Je tague de façon imaginaire les blogueurs qui lisent ces lignes...
11 juin 2008
Coupland, Douglas - Eleanor Rigby
Voilà une très belle lecture d'été. J'ai dévoré les pages, ce qui est un fait rare chez moi. J'ai adoré, mais j'ai trouvé que c'était un peu de la littérature fast food, c'est-à-dire qu'on lit avec attention parce que c'est bon, mais qui ne nourrit pas parfaitement. Mais, on ne peut pas s'ennuyer avec ce genre de récit. C'est comme une série télévisée, juste au moment où l'histoire semble s'essouffler, un rebondissement nous force à continuer. Malgré tout, il y a un propos très intéressant sur la solitude dans ce livre.
04 mai 2008
Roth, Philip - La bête qui meurt
La bête qui meurt est un roman intimiste. L'auteur écrit au «tu». On a évidemment l'impression qu'il s'adresse au lecteur, mais ce n'est pas très clair. Ce n'est pas un livre plein de rebondissements. Il s'agit au fond d'une longue confidence d'un vieillard qui discute de sexualité, mais surtout de séduction. Disons qu'il faut être dans un mood particulier pour apprécier. C'est le genre de livre qui mériterait d'être lu d'un trait, d'autant plus qu'il n'est pas très long. De mon côté, je l'ai lu à coup de deux ou trois pages par jour dans le métro. C'est peut-être pour ça que j'ai plus ou aimé le roman. J'avais de la difficulté à être sensible au drame que me racontait l'auteur. Mais les dernières pages m'ont ému. Malgré le métro, la puissance du récit a fini par me rejoindre.
09 mars 2008
Garcia Marquez, Gabriel - L'Amour aux temps du choléra
Ouf! J'ai terminé de lire ce livre que je traîne dans ma poche de manteau depuis ... novembre 2007! Je ne sais pas trop comment expliquer cette lenteur exceptionnelle. Livre trop dense? Paresse intellectuelle grandissante? Manque de temps? En tout cas, je ne peux pas dire que ce fut un délice pour mes yeux. Il a fallu que je me force pour persévérer. Je n'ai pas abdiqué, car on m'avait dit beaucoup de bien de l'oeuvre de Marquez. Un grand auteur dans la littérature, voire un incontournable. À l'endos du livre, on écrit que l'auteur a un génie de conteur, une imagination riche et une écriture baroque. J'avais hâte de voir ce qu'était une écriture baroque. Je ne suis pas sûr d'aimer ça. C'est comme manger un gâteau trop riche en gras et en sucre, les premières bouchées sont bonnes, mais ça finit par écoeurer.
Malgré tout, je dois avouer que l'histoire est très belle. Si je suivais un cours de littérature et qu'on me demandait d'identifier le thème principal, ce serait facile de répondre qu'il s'agit de l'amour inconditionnel. Florentino Ariza aime follement dès son jeune âge la belle Fermina Daza et même si celle-ci lui tourne le dos, il restera disponible pour elle pendant cinquante années. Il y a un donc un second thème qui s'enchevêtre au premier: le vieillissement.
«Florentino Ariza s'était vu tant de fois dans ce miroir [celui de la déchéance de la vieillesse] qu'il redoutait moins la mort que l'âge infâme auquel une femme devrait lui tenir le bras. Il savait que ce jour-là, oui, ce jour-là, il lui faudrait renoncer à l'espoir de Fermina Daza»
On remarque dans cette citation le caractère «vieux jeu» du récit. Ça se passe à un autre siècle et dans une autre culture où la femme distinguée joue nécessairement un rôle de diva, celui que je déteste tant. Heureusement, et c'est là que je reconnais l'immense talent de l'auteur, Marquez réussit à bien étayer la psychologie des personnages. On plonge carrément dans les pensées profondes des personnages et on en vient à comprendre la logique qui les anime. Et cette logique est celle qui consiste à rechercher désespérement un sens à sa vie à travers l'Autre.
13 novembre 2007
Saramago, José - L'aveuglement
Imaginez. Une épidémie s'étend à travers le pays. Tout le monde devient aveugle. Tout le monde sauf une femme qui doit endurer la vue de sa société qui se décompose inexorablement. Voilà l'histoire de ce livre qui m'a été suggéré par mon club de lecture échangiste.
Voyant que j'avais presque terminé le livre, ma collègue de travail Catherine m'a demandé ce matin ce que j'en pensais. Je lui ai répondu: «ce n'est pas vraiment de la grande littérature, beaucoup d'anecdotes pour peu de substance». Elle a répliqué: «tu sais, il a quand même gagné le prix Nobel de littérature». Oups!
Bon, j'ai peut-être manqué quelque chose. Sur Wikipédia, on dit que José Saramago est un auteur portugais qui «présente dans plusieurs de ses œuvres des reconstitutions d'événements historiques en soulignant le facteur humain de ces événements plutôt que de présenter une version historique officielle. Certaines de ses œuvres peuvent également être vues comme des allégories». Bon, ça doit être ça que j'ai manqué.
Petite remarque sur la forme: Saramago est le maître des longues phrases et des virgules. Les dialogues sont rapportés d'une étrange façon: les répliques sont dans une seule phrase, séparées par des virgules, sans que les interlocuteurs ne soient identifiés. De plus, jamais aucun nom de personne n'est mentionné. Il y a le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, etc. J'aime bien ce dernier aspect. Ça ajoute une certaine intemporalité au récit, intemporalité gâchée c'est vrai par une référence au sida et à l'existence de certains appareils électriques. Dommage.
Je n'ai pas dit que ce n'est pas bon. Au contraire, j'ai bien aimé ma lecture. Divertissant, c'est tout ce qui compte pour le métro! C'est juste que je n'ai pas trouvé ça très transcendant. De plus, quand on lit les lignes qui défilent, on n'arrive pas à oublier l'auteur. Les dialogues sonnent faux et les aventures s'enfilent trop parfaitement pour que ça soit plausible. À moins que je ne sois aveuglé par ma société contemporaine? N'importe quoi!
07 octobre 2007
Nothomb, Amélie - Ni d'Ève ni d'Adam
J'aime mieux vous le dire tout de suite, ma critique ne vaut pas grand-chose, car je suis un vendu. J'ai lu TOUS les livres publiés d'Amélie Nothomb. Je suis un fidèle. Le roman qu'elle nous présente cette année (elle ne rate jamais une année) est excellent. Le récit se déroule au Japon, pays qu'elle connaît bien puisqu'elle y a passé une partie de son enfance. Non, le livre n'est pas la suite du fameux Stupeur et tremblements (dans mon top 10), c'est même l'inverse. Cela se passe en effet avant sa drôle d'aventure au sein d'une grande entreprise nippone. Dans Ni d'Ève ni d'Adam, elle donne des cours de français à un certain Rinri. Les deux deviennent amants. L'histoire est très bonne et sert de prétexte à regarder de près le mode de vie des jeunes Japonais. Mon passage coup de coeur: quand Amélie grimpe seule une montagne et qu'elle risque d'y mourir. Excellent.
En passant, suis-je le seul cave qui doutais encore du fait que le personnage «Amélie» soit bien Amélie Nothomb? Je me disais qu'elle jouait sur l'ambiguïté. Dans ce nouveau roman, il n'y a plus de doute. En effet, quand Amélie dit que sa soeur s'appelle Juliette Nothomb et qu'elle dit qu'elle a publié un livre intitulé «L'hygiène de l'assassin», c'est dur d'encore douter. Reste juste à savoir s'il s'agit de romans autobiographiques ou de l'autofiction, laquelle est, selon Regard urbain «un récit fictif largement inspiré de la vie de l'auteur».
01 septembre 2007
Club échangiste sans nom
Pour la première fois de ma vie, je suis allé hier dans un club échangiste. Ne vous affolez pas, tout était légal, ça se passait dans une maison privée. Le club en question n'a même pas de nom. Regard urbain et moi sommes arrivés là vers 19h, à l'heure convenue. Nous étions six participants consentants. Comme personne ne se connaissait, il a fallu que tout le monde se présente et qu'on jase un peu. Tout a commencé par un léger repas (il ne faut pas trop se remplir l'estomac afin d'être alerte pour l'activité à venir). Il y avait une petite gêne dans l'air. Enfin, quelqu'un a décidé d'ouvrir une bouteille de vin. Rien de mieux pour dégeler l'atmosphère.
Au beau milieu du souper, Marée Lumière (qui est la reine du club échangiste sans nom; elle dit même que c'est son club) a décidé qu'il était temps de commencer. Je me suis demandé: «ah oui?, comme ça, en plein souper, sans d'autres préliminaires»??? Marée Lumière s'est donc lancée la première: «moi j'aimerais partager ma passion avec vous pour Jacques Poulain». C'est tout ce que ça a pris pour que tout le monde se mêle aux ébats.
Moi, j'ai présenté un livre d'Amélie Nothomb, mon auteure fétiche, et le livre dont j'avais fait une critique sur Vecteur, Comment devenir un monstre. J'ai bien aimé cette première expérience. Bien que mes connaissances en littérature soient un peu limitées, j'ai pu participer à la conversation. J'ai trouvé le tout très enrichissant.
J'aime bien ce concept de club de lecture échangiste. Pas de livre obligatoire à lire à chaque mois, seulement une soirée où chacun offre un ou deux livres aux autres. Il faut donc faire aller nos talents de vendeur afin de faire partager nos passions de lecture. Je suis reparti de là avec l'Aveuglement de José Saramago et Le sourire de la Joconde d'Aldous Huxley.
Vais-je retourner à ce club échangiste sans nom? Pas sûr. Il faut dire que je vais entrer sous peu dans un autre club, celui où on joue à Génies en herbe pour adultes. Il y aura peut-être des choix déchirants à faire entre les plaisirs échangistes et les plaisirs compétitifs...
30 août 2007
Culture générale pour les nuls
Récemment, j'avais exprimé quelques doutes (pour ne pas dire plusieurs) sur les bienfaits de l'activité Génies en herbe pour adultes. Entre autres, je me questionnais sur ma possible participation hebdomadaire à des tournois amicaux. Eh bien, semble-t-il que mes réflexes ont décidé que je participerais. Ce midi, Mylbou et Scènes urbaines (à ne pas confondre avec Regard urbain) m'ont forcé de les suivre chez Indigo, une librairie du centre-ville. C'est là que je l'ai vu sur les tablettes, m'attendant: le livre La culture générale pour les nuls. Je suis tombé en amour avec cet ouvrage qui renferme l'ABC d'une foule de sujets: histoire, géographie, arts, philosophie, sports (faut bien!), etc. Je l'ai acheté et je me promets de lire quelques rubriques chaque soir avant de me coucher. Ouais, si Regard urbain, l'Amie et FrèRU veulent bien de moi comme coéquipier, je deviendrai bientôt un génie! En herbe bien sûr...
08 août 2007
Barbe, Jean - Comment devenir un monstre
Ça fait longtemps (est-ce déjà arrivé?) que je n'ai pas lu un aussi bon livre que celui-ci. En tant que lecteur tortue, ce fut un grand plaisir que de lire cet ouvrage un peu à la fois chaque jour. D'abord, le sypnosis a quoi intriguer: un avocat est appelé à aller travailler à l'étranger pour défendre un criminel détesté par tous. Et l'auteur a eu le don d'entretenir le mystère jusqu'au bout. En effet, le détail des crimes commis nous arrive au compte-gouttes. C'est bien comme ça, car un des buts du roman est de nous faire entrer dans la psychologie de l'assassin afin que nous comprenions comment il est devenu un monstre plutôt que nous le jugions à partir des faits connus. J'ai donc trouvé ça excellent sur le fond: on prend conscience que peu importe ce que fait un être humain, il demeure malgré tout un être humain. On aura beau le qualifier de «monstre», on ne pourra jamais l'exclure de l'humanité. Parce que l'humanité a aussi (et surtout?) son côté sombre...
C'est également excellent sur la forme. Un peu à la Da Vinci Code. L'histoire du tueur est mise en parallèle avec celle de l'avocat jusqu'à ce que les deux récits ne fassent qu'un. Parfait pour le métro! Toutefois, si le livre de Jean Barbe nous offre sur le fond une réflexion philosophique plus intéressante que celui de Dan Brown, il est selon moi plus faible sur la forme. En effet, le suspense que l'auteur essaie de créer n'est pas aussi prenant que l'histoire du meurtre au Louvres. Surtout, j'ai trouvé que le grand mystère que l'on laisse planer tout au long du livre (notamment l'affaire Rosalind dont on ne sait à peu près rien) se termine sans grande révélation. Oubliez les grands mystères cachés derrière des codes secrets, Jean Barbe essaie de dévoiler - un peu maladroitement vers la fin je trouve - le secret de l'âme humaine. Voilà un exercice hautement risqué et je ne suis pas convaincu que c'est réussi.





