23 juillet 2008
Cinéma l'été
Comme c'est difficile de dénicher un bon film l'été. Je suis allé en voir deux pendant mes vacances: Hulk (plat pour vomir quelqu'un!) et Batman. Ce dernier était, je dois l'admettre, de qualité, mais les camions qui explosent pour rien et les acteurs qui baissent leur voix pour donner plus d'intensité, ça me laisse froid.
En fin de compte, la solution pendant l'été est de louer des films. Hier, je suis tombé sur deux bijoux. Le premier: Persépolis. Si vous n'avez pas vu ces dessins animés pour adultes (pas dans le sens porno, mais bien sujet sérieux), il faut louer ça. On comprend d'un seul coup l'histoire récente de l'Iran. Excellent. Histoire très touchante en plus.
L'autre, c'était 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Ça raconte (lentement, mais avec beaucoup d'intensité dramatique) l'histoire d'une jeune roumaine qui se fait avorter illégalement. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, le régime politique de la Roumanie de l'époque a peu à voir avec le drame qui se déroule. Mais on sent la lourdeur du communisme partout. Excellent!
22 juin 2008
99 Francs
99 Francs / France / 2007 / Jan Kounen
Ce film plaira à toute la population sarcastique dont je fais partie. Les personnes de droite disent que le sarcasme est le refuge des perdants. Eh bien, je ne sais pas si je suis un perdant, mais j'ai beaucoup aimé me réfugier dans 99 francs. Le film se moque de tous les clichés véhiculés par la publicité. Il s'agit en fait d'une attaque en règle contre ce milieu et même contre le système capitaliste au complet.
L'histoire provient du roman de Frédéric Beigbeder, un auteur fortement pessimiste. Et le tout transparaît dans le film. On nous propose deux finales possibles: une qui se finit dramatiquement et une autre qui se finit dans l'illusion du bonheur. Mais ne vous en faites pas, ce n'est pas un film qui donne le goût de se tirer une balle. Au contraire, je n'ai jamais autant ri...jaune.
01 juin 2008
Sex and the City, le film
Sex and the City / USA / 2008 / Michael Patrick King
Si vous ne le savez pas, vous ne me connaissez pas. J'ai adoré la série télévisée Sex and the City. Je ne sais pas combien de fois j'ai vu chacun des épisodes, mais je peux dire que les boîtiers sont complètement détruits. C'est un signe. Vous comprendrez que je ne pouvais pas manquer le film.
J'ai lu les critiques avant d'y aller. Elles étaient très mauvaises. Je n'aurais pas dû les lire, car cela a un peu gâché mon plaisir. Jusqu'à maintenant, j'avais pu apprécier cette série sans trop me soucier de la valeur nutritive de la chose. Avec une critique comme celle de Nathalie Petrowski en tête, je n'ai pu m'empêcher pendant le visionnement de dénigrer ces quatre filles de New York complètement autocentrées. Ça m'a sauté au visage à quel point c'est un film de filles axé sur le culte de l'apparence.
Mais bon, évidemment, en tant que fan fini, j'ai aimé le film. Je ne me suis pas ennuyé. Ça m'a fait vraiment plaisir de retrouver mes personnages préférés. Mais on dirait que certaines intrigues ne collaient pas, particulièrement celle de Miranda, le phare cynique de la série. Et c'était à prévoir, on en ressort avec une terrible impression de remâchage.
Malgré tout, j'achèterai dès sa sortie le DVD du film et j'irai voir en salle la suite s'il y a lieu. Il suffit de débrancher son esprit critique pendant quelques minutes et tout va bien.
15 février 2008
Tout est parfait
Tout est parfait / Québec / 2008 / Yves-Christian Fournier
Le sujet n'est pas facile. Un pacte de suicide entre adolescents n'est certainement pas quelque chose qui ensoleille une journée. Le traitement cinématographique de Fournier n'est pas rigolo non plus. Nous faisons face à des personnages dont le quotidien semble extrêmement lourd.
J'ai beaucoup aimé le film, notamment pour la justesse du jeu des acteurs. Presque pas une réplique qui détonnait. Le scénario est lent. Peu de mots. On est clairement dans le sous-entendu et c'est très bien ainsi. Quant aux lieux de tournage, on a choisi à dessein (j'imagine!) plusieurs sites tous plus laids les uns que les autres pour obtenir une banlieue triste à mourir. Triste à se suicider.
Que retire-t-on du film? Difficile à dire. Pas de morale apparente, pas de dénouement évident. On en retire tout simplement le besoin de parler d'une pulsion de mort qui nous habite tous à différents degrés.
26 janvier 2008
No Country for Old Men
No Country for Old Men / USA / 2007 / Ethan & Joel Coen
Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je ne m'étais pas informé avant d'aller voir le film et à en juger par le titre, je croyais qu'il s'agissait d'un drame psychologique mettant en scène un vieil homme qui ne trouve plus sa place dans le monde. Bref, je m'attendais à un petit film tranquille. C'est donc sans préparation mentale que j'ai regardé un des meilleurs thrillers de ma vie.
Le personnage principal est hallucinant. Il s'agit d'un vrai psychopathe. Sa logique est difficile à comprendre. Il justifie ses actions en comparant sa vie à la destinée d'une pièce de monnaie: il ne sait pas pourquoi exactement il se trouve à tuer quelqu'un, car ce sont des hasards successifs qui l'ont mené là.
Le suspense était tellement intense que je crois avoir été un mauvais spectateur. Quand le vieux policier parle à son père, je n'ai pas du tout écouté le dialogue. J'étais trop ébranlé par ce que je venais de voir. Je pensais qu'on pouvait se passer de ce dialogue. Eh bien non! Si on veut trouver un sens au film, il faut l'écouter. Sinon, la fin inscrira un gros point d'interrogation dans votre visage. Une chance que je n'étais pas seul.
15 décembre 2007
L'âge des ténèbres: c'est confirmé, c'est pourri
L'âge des ténèbres / Québec / 2007 / Denys Arcand
Dur à croire que c'est un récipiendaire d'un oscar qui a réalisé L'âge des ténèbres. Avec égard pour les adolescents, on dirait plutôt que le scénario a été écrit par un élève de l'école secondaire. Pour imiter le style d'humour d'Arcand (c'est-à-dire trop gros pour être bon), je dirais que le film aurait dû s'appeler L'âge d'arrêter de faire des films. D'ailleurs, tout est gros dans ce film. Ne cherchez pas la finesse ou le deuxième sens, tout est amené avec populisme et au premier degré.
Cliché, cliché, cliché. Un employé, qui en a assez de son travail (un fonctionnaire, évidemment) et qui vit avec une épouse insupportable (une agente en immobilier, bien sûr) et des adolescentes impolies (en perte des belles valeurs du passé, of course), trouve un semblant de bonheur dans ses fantasmes sexuels (de type babyboomesque, il va s'en dire). Ça ne vous rappelle pas quelque chose ça? Eh oui, il s'agit du même scénario que l'excellent film American Beauty.
Mon hypothèse est la suivante: Arcand, en fin de carrière, croulant, a décidé, tel un débutant en peinture qui essaie de reproduire un chef-d'oeuvre, de s'inspirer d'American Beauty pour finir sa trilogie pessimiste sur l'état du monde occidental. Les personnages et l'histoire de base sont les mêmes, sauf que dans le cas d'Arcand, c'est éminemment mauvais. Du grand mauvais.
Oubliez ça. À ne pas voir. Au moins, les films vides de contenu n'ont habituellement pas la prétention de nous offrir un panorama complet et critique de notre société. Ce qui agace avec L'âge des ténèbres, c'est la prétention qu'il y a derrière la médiocrité offerte. Juste considérer les critiques d'Arcand sur l'État québécois démontre que le réalisateur croulant n'est pas un intellectuel; c'est plutôt un populiste, un réactionnaire. Ça rend le tout franchement insupportable.
25 novembre 2007
Before the Devil Knows You're Dead
Before the Devil Knows You're Dead / USA /2007 / Sidney Lumet
Deux frères, deux histoires pathétiques. Deux frères en besoin de cash. Un cambriolage s'organise pour remédier à la situation. Personne n'était supposé en souffrir. Mais finalement, le cambriolage n'est que le début d'une longue descente aux enfers pour tout le monde. Et comme si ce n'était pas suffisant, la vengeance s'invite dans le scénario.
Ouf! Quel film intense! Before the Devil Knows You're Dead (7h58 ce samedi-là en français) est un excellent thriller qui vous tient en haleine. En plus, la trame narrative est assez originale. Des scènes sont revisitées plusieurs fois selon le point de vue des différents personnages et ce, sans que ça soit répétitif. Au contraire, les retours en arrière nous permettent à chaque fois de saisir un nouvel aspect de l'histoire.
Le film est excellent, mais j'ai cherché longtemps le message qu'il voulait transmettre. Je veux dire, il y a de l'action et c'est emballant, mais au final, je ne suis pas certain que le film apporte quelque chose au spectateur. Peut-être avez-vous des réponses? Enfin, il y avait parfois des dérapages dans les dialogues: on n'a qu'à penser à cette scène décevante où une petite fille fait la morale à son père parce que celui-ci n'est pas en mesure d'honorer sa promesse de lui payer quelque chose. C'était gros et inutile. Bref, le ton n'était pas toujours parfait à mon goût.
À voir malgré tout. Ne serait-ce que pour admirer le talent de l'excellent Philip Seymour Hoffman (à gauche sur la photo). La scène finale (que je ne raconterai pas évidemment) est particulièrement troublante...
10 novembre 2007
Gangster américain
Gangster américain / USA / 2007 / Ridley Scott
Enfin un vrai bon film de divertissement américain! Ça se passe à New York, au tournant des années 1970, et ça met en vedette un homme noir qui réussit à tasser la mafia italienne du commerce de la drogue par sa façon «propre» de mener ses affaires. Cet homme obtient la complicité de l'armée américaine, désabusée par la guerre du Vietnam, et parvient à contourner les forces de la police de New York, complètement corrompue. Complètement? Pas tout à fait, bien sûr. Il y a toujours des gens vertueux aux États-Unis qui résistent à l'envahissement du mal, c'est bien connu! Bref, tous les ingrédients sont réunis pour mettre en scène un film d'action captivant.
Même si Gangster américain demeure un film de divertissement, il est somme toute intelligent dans les propos qui y sont tenus. Ce que j'ai surtout aimé, c'est que le réalisateur ne s'est pas laissé tenter par un scénario compliqué. Parfois, pour montrer qu'ils ont du talent, les réalisateurs ont la mauvaise idée de croiser un millier de personnages dans un millier d'intrigues. Ça, je déteste! (voir critique de The Departerd) Mais ce n'était pas le cas de Gangster américain. Même si l'histoire était complexe, elle demeurait limpide. Ça c'est du talent!
Ah oui! En plus, c'est inspiré d'une histoire vraie. Je trouve toujours que ça donne quelque chose en plus, c'est peut-être Maybelline.
14 octobre 2007
Elizabeth: The Golden Age
Elizabeth: The Golden Age / Royaume-Uni / 2007 / Shekhar Kapur
Je tremble encore juste à penser à ce film. Le premier film Elizabeth (1998) fait partie de mon top 10. Je peux vous dire que la suite ne m'a pas déçu. Au contraire, je crois que c'était même meilleur. Premièrement, contrairement au premier film, les intrigues sont rendues clairement. Je n'ai pas eu à me creuser la tête pendant tout le visionnement, ce qui m'a laissé la chance d'admirer le jeu de Cate Blanchett. Parce que son jeu est effectivement extraordinaire, plus que jamais. Elle a réussi à incarner un grand personnage de l'histoire, la Reine vierge, en faisant transparaître un ego gros comme la Terre et un charisme qui frôle le mystique.
Le ton est grave. Chaque réplique semble vouloir passer à l'histoire du cinéma. Chaque image est une oeuvre. En fait, si j'avais été un réalisateur, c'est exactement comme ça que j'aurais voulu redonner vie à Elizabeth. Certains pourraient dire que Kapur en beurre épais. C'est vrai, mais comme le beurrage se fait sans aucune interruption, on embarque dans la démesure du portrait. Moi qui ai une fascination pour cette époque historique où le Nouveau monde est découvert et où les empires naissent et déclinent, j'ai été charmé par l'intrigue. J'ai eu des frissons pendant tout le film. C'était la perfection, tout simplement.
Quand vous me verrez, demandez-moi d'imiter Elizabeth. Il paraît que je suis pissant.
Pour terminer, voici un petit avant-goût de ce film parfait:
21 août 2007
Les 3 p'tits cochons: beurk, misère, Z z Z z
Les 3 p'tits cochons / Québec / 2007 / Patrick Huard
Au départ, je m'étais dit que je n'irais pas voir ce film. Je ne veux pas faire ma Nathalie Petrowski inversée, mais les histoires de straights m'ennuient. C'est ainsi que j'avais boycotté fièrement le film Horloge biologique. J'aurais donc dû faire de même pour Les 3 p'tits cochons. Du grand mauvais. Non, mais c'est toujours pareil: les gars ne pensent qu'au cul et les filles jouent aux anges. Comment veux-tu pondre un scénario intéressant à partir de cette trame infiniment banale?
Malgré les éclats de rire à ne plus finir de la foule (une foule vraiment désagréable en passant, je pensais être à Laval, faut le faire!) je persiste à dire que ce film n'est pas drôle. Patrick Huard enfile clichés un derrière l'autre. Un vrai film fait par et pour les 450. Rien à en tirer. Les bouts qui sont supposés être drôles ne m'ont pas fait rire (humour de premier niveau sans aucune finesse) et les bouts sérieux semblaient être plaqués là, sans aucune mise en contexte intéressante.
Quand est-ce que les straights vont comprendre que leur mode de vie est plate et qu'il n'intéresse personne? Passez à autre chose SVP... Non, non, cette attaque virulente n'était pas du tout un clin d'oeil à Nathalie Petrowski qui critiquait le film Brokeback Mountain de ne présenter rien d'autre qu'une histoire d'amour entre deux cowboys gais. «A-t-on plus banal?», s'interrogeait-elle. Je réponds: oui!





