12 mai 2008
Un peu de politique: Québec, États-Unis et France
Je vous écris en regardant les résultats des élections partielles au Québec qui se déroulent dans Bourget, Hull et Pointe-aux-Trembles. C'est drôle, car on ne regarde pas le haut du tableau des résultats, on regarde plutôt le bas. On savait qui allait gagner, alors on se concentre davantage sur les perdants. Et les perdants, ce sont les adéquistes. Jouissance. L'ADQ est quatrième dans Bourget et cinquième dans Hull. Entendez mon rire sadique à distance. Bonne nouvelle: le PQ chauffe les libéraux dans Hull. À suivre.
Du côté des États-Unis, je dois de plus en plus admettre que ma pouliche ne gagnera pas. Obama, que je respecte maintenant, va gagner, ne serait-ce que pour empêcher un scandale. En effet, devant le vote populaire en faveur d'Obama, si Clinton se mettait à magouiller pour remporter la mise, ce ne serait pas long qu'on accuserait le parti démocrate de racisme. Et adieu le précieux vote des noirs...
Il paraît que Michaëlle Jean fait fureur en France. Vous ne la trouvez pas de plus en plus space elle? On dirait qu'elle est sous le charme d'un gourou. Pour elle, le Canada c'est rien de moins qu'un coeur battant de passion et d'enivrement pour la paix dans un climat d'harmonie totale où la beauté du monde resplendit de bonheur. Shut the fuck up.
02 mai 2008
La girouette et les girouettes
Vous l'avez vu comme moi dans les sondages cette semaine, le vent commence à tourner en défaveur de l'ADQ. Cela est compréhensible. Ce n'est pas pour rien que l'on appelle (en dehors de l'enceinte de l'Assemblée nationale bien entendu) Mario Dumont la girouette nationale. Il définit son ordre du jour politique au gré du dernier sujet à la mode. Il est très soucieux de la mode et il ne se gêne pas pour mettre ses plus belles culottes. Le seul problème pour la girouette, c'est qu'il a seulement réussi à obtenir le vote d'autres girouettes. Lors de la dernière élection, sans trop réfléchir, beaucoup de gens ont décidé de donner une chance à ce gars qui ne semblait pas avoir peur de prendre position. Mais on voit ce que cela donne: il n'y a pas que Mario Dumont qui ait le droit de changer d'idée, ses girouettes ont tout aussi la possibilité de suivre un autre vent. Un vent moins puant, espérons-le.
Entre-temps, j'ai hâte de voir les résultats des prochaines élections partielles du 12 mai qui ont été faites sur le dos des immigrants. Je souhaite tellement voir l'ADQ arriver quatrième. Maudit que je déteste l'ADQ!
03 avril 2008
Trois accusations contre Vincent Marissal
Que l'on se comprenne bien, j'adore Vincent Marissal. Dès qu'il y a une chronique de lui dans La Presse, je m'empresse de la lire. C'est ma priorité, peu importe le temps qu'il me reste le matin avant d'aller travailler. C'est peut-être pour ça que j'ai fini par remarquer des petits travers chez ce journaliste politique. Je les expose dans l'espoir qu'il se corrige pour qu'il devienne la perfection incarnée.
- Utiliser des expressions en anglais alors que ce n'est pas nécessaire: beaucoup trop de phrases de Marissal commencent ou finissent par «comme disent les anglais». Un journaliste francophone devrait se servir de ces expressions seulement quand ça ajoute du piquant à un texte et qu'il n'y a pas d'équivalent dans la langue de Molière. Dans le cas de Marissal, on peut en douter. Exemple fictif: «Comme disent les anglais, it's not over until it's not over». Désolé, mais l'expression «c'est pas fini tant que c'est pas fini» est tout aussi bonne.
- Faire des parallèles avec le hockey: une fois par année, OK, ça peut être drôle. Mais en faire si souvent que Marissal, c'est nier le fait qu'il existe des lecteurs (moi) amateurs de politique qui n'aiment pas le hockey!
- Recycler ses chroniques à la télévision: après avoir écrit son texte, Marissal se présente sur tous les plateaux de télévision pour répéter à peu près la même chose. Il est peut-être cohérent, mais on sent la cassette qui joue... Ok, ça c'est peut-être mon problème. Je respecte tellement ce journaliste que je porte peut-être trop attention à ce qu'il dit.
Sans rancune, Vincent!
16 mars 2008
Eliot Spitzer: une incarnation de l'hypocrisie
Que montre le monsieur clean cut sur cette photo? L'épaisseur des billets de banque qu'il a versés au fil du temps à des prostituées? J'en doute, car celui qu'on surnommait il n'y a pas longtemps «monsieur propre» a en tout dépensé 80 000$ en services d'escorte, ce qui représente, avouons-le, un méchant motton dans le portefeuille.
Il s'appelle Eliot Spitzer et il s'est fait connaître à titre de gouverneur de New York. En 2004, il annonçait fièrement l'arrestation de 16 individus faisant partie d'un réseau de prostitution. À l'époque, il se disait profondément dégoûté par cette activité immorale. Aujourd'hui, pouvons-nous être à notre tour dégoûtés par les contradictions de monsieur propre?
Vous commencez à me connaître, je ne suis pas un moralisateur. Ce n'est pas l'acte de payer pour des services sexuels qui me révolte dans cette affaire, mais bien l'hypocrisie du personnage. Et ce n'est pas le premier acteur politique à agir de la sorte. Combien d'hommes conservateurs se disant «tough on moral» finissent par perdre leur vernis dans des scandales?
Je crois qu'il faut se méfier de ceux qui prétendent être des exemples moraux. Untel semble férocement contre le droit des homosexuels? Attendez quelques années, vous finirez par le voir à la télévision avec une escorte masculine. Les personnes intransigeantes ont souvent à faire taire un côté d'elles-mêmes dont elles ont peur ou honte. Leur place se trouve dans une séance de psychothérapie et non sur une tribune.
Bonne chance monsieur Spitzer, you dirty bastard.
28 février 2008
Dion, chef de l'abstention officielle
Stéphane est maintenant devenu le chef de l'abstention officielle. L'expression n'est pas de moi, mais bien du NPD. Elle très savoureuse je trouve et, surtout, elle reflète pas mal la vérité. Si le budget des conservateurs affichait des surplus cette semaine, la démocratie canadienne était, quant à elle, très déficitaire. Le rôle de l'opposition officielle est de faire valoir le deuxième côté de la médaille. C'était donc le devoir de Dion de s'opposer au budget en montrant ce qu'il aurait été possible de faire sous un gouvernement libéral. Car le budget était loin d'être parfait. Il y avait de quoi critiquer, mais le chef de l'abstention officielle a préféré ne rien voir. Tout ça pour de basses considérations électoralistes et non pour des buts nobles.
Cette décision enlève beaucoup de crédibilité à Dion. En fait, ça lui enlève la seule chose positive qui lui restait: son honnêteté intellectuelle. Au plus fort des critiques sur le leadership de Stéphane Dion, plusieurs se levaient pour dire qu'il fallait lui laisser une chance. On disait qu'il fallait voir au-delà du charisme et se concentrer sur l'intelligence de l'homme. On espérait même que ça soit la fin du règne de la politique-spectacle. Erreur! On a appris cette semaine que Dion manque non seulement de leadership, mais également d'intégrité. S'appuyer comme il le fait sur l'argument usé du manque d'intérêt de la population canadienne pour une nouvelle élection est en quelque sorte un aveu d'échec. L'homme n'est tout simplement pas à sa place. Il doit partir.
13 février 2008
Il a ri d'elle
Comme d'habitude, quand je prends pour quelqu'un (Hillary Clinton), le quelqu'un en question bat de l'aile. Obama est en train au bas mot (OK, j'arrête les jeux de mots poches) de planter Hillary. Hier, les primaires du Potomac lui ont encore donné trois états. Nous voilà maintenant à égalité. En gros, tout se jouera lors des primaires du Texas et de l'Ohio, deux états populeux qui pèsent lourdement dans la balance. Et dire qu'après le super tuesday tout était supposé être déjà joué! Eh bien, Hillary devra gagner la prochaine bataille ou ce sera cuit pour elle.
Qu'est-ce qui explique le succès d'Obama? Arrêtons un instant de réfléchir à la couleur de sa peau et pensons plutôt à ce qu'il représente. Il n'a pas beaucoup d'expérience en politique. Étrangement, cela est un avantage aux États-Unis. Quelqu'un qui a trop traîné dans des couloirs de Washington est nécessairement mal perçu par les électeurs américains. Le discours frais d'Obama charme, car il est complètement dissocié de la bureaucratie de la capitale fédérale.
Je mettrai ma mauvaise foi de côté et j'avouerai qu'Obama impressionne. Même si je trouve son discours creux, je dois admettre qu'il est éblouissant sur la forme. Plusieurs voient un deuxième Kennedy en lui. Espérons juste qu'il ne finira pas comme le premier... Parce qu'il peut sembler une menace pour les conservateurs américains: voilà un candidat qui promet de brasser la cage, contrairement à Hillary qui propose simplement d'être prête à gouverner dès le jour un. Mettons qu'il y a tout un décalage dans les ambitions.
08 janvier 2008
Obama ne me dit rien
C'est vrai, Obama n'est pas mon préféré dans la course à la présidence américaine. Cela peut teinter mes opinions. Ma pouliche (comme d'habitude, je semble choisir les mauvais chevaux) c'est Hillary.
Toujours est-il que je trouve le discours d'Obama creux, vide de contenu. Il nous parle de «changements» et d'«espoir», parce que l'Amérique aurait toujours été portée par l'espoir. Hello? Ça veut dire quoi ça? Peut-on SVP préciser et se mouiller sur quelques enjeux?
C'est vrai, j'ai déjà écrit qu'il fallait mettre fin à l'exigence du concret. Je faisais alors référence aux questions du public adressées aux politiciens qui commencent toutes par «concrètement, comment ça va changer ma vie». Je disais que je préférais qu'on me présente des visions d'ensemble ou à tout le moins des projets de société. Je m'excuse, mais quand Obama dit qu'il veut donner de l'espoir aux Américains, je trouve ça un peu trop ésotérique. Un peu de concret SVP! Mais pas trop. Juste correct. Me semble que c'est simple!
03 janvier 2008
ABC des élections américaines
2008 sera une année d'élections aux USA et l'aventure débute dès aujourd'hui en Iowa (pourquoi là?) avec les primaires. Qu'est-ce que les primaires? C'est l'étape (sur plusieurs mois) où les partis choisissent leur chef dans chacun des états. Mais l'étape la plus importante est le Super Tuesday (5 février) où les gros états s'expriment en même temps. Bref, les élections américaines, c'est compliqué. Et là, je ne fais qu'effleurer les technicalités qui entourent les pré-élections! Mais je m'intéresse tout de même de plus en plus à ce processus qui est heureusement très bien couvert au Québec. Et, croyez-moi, si vous avez peur de perdre votre américain en suivant tout ça, dites-vous qu'il s'agit de plonger et que les pièces du puzzle se rassemblent assez rapidement par la suite.
Par contre, il y a quelque chose qui rend la politique américaine plus simple que la nôtre. Là-bas, on n'a pas à faire des analyses à ne plus finir quant à la possibilité d'élire des gouvernements minoritaires. Là-bas, il y a deux grands partis (républicain et démocrate) ultra institutionnalisés et on ne sort jamais de ce cadre. En gros, les républicains sont conservateurs et les démocrates sont libéraux (dans le sens de non conservateurs). Mais ne nous trompons pas, le spectre politique américain n'est pas le même qu'ici: ça va de la droite avec les républicains (avec deux variantes qui s'affrontent, la droite économique et la droite sociale) à la droite modérée avec les démocrates. La gauche? Ni vue ni entendue.
Le fun commence dès aujourd'hui. On veut savoir quels sont les chefs qui s'affronteront à la présidence en novembre prochain. Du côté des républicains, on entend les noms des Huckabee (un débile fanatique qui fait paraître George Bush comme un homme ouvert d'esprit), McCain (la grosse patate), Giuliani (le New Yorkais qui attire sur lui tous les scandales même si c'est un héros du 11 septembre) et Romney (je ne le connais pas). Du côté des démocrates, on a une femme (Hillary Clinton), un noir (Barrack Obama) et un ancien colistier de Kerry (John Edwards). Moi, mon homme, c'est Hillary Clinton. Mais, j'ai quand même des doutes. Permettez-moi de citer l'ancien mari de ma cousine, un américain ouvertement républicain: «jamais de ma vie je verrai les Américains élire une femme ou un noir à la tête du pays». Les paris sont ouverts.
16 décembre 2007
On la met où?
Bon, encore une tempête de neige! Ça, ça veut dire encore une semaine de déplacements difficiles. Mais si on écoute Marcel Tremblay, le frère de l'autre, l'opération de déneigement se fera plus rapidement que pour la première tempête de l'année, à condition que les Montréalais fassent leur part. Qu'est-ce que Marcel nous demande? Il demande aux automobilistes d'arrêter de pousser la neige dans la rue afin de ne pas trop solliciter les charrues et d'arrêter de pousser la neige sur les trottoirs afin de ne pas trop solliciter les chenillettes (dont les conducteurs sont de vrais malades mentaux). Ouin, mais alors, si on ne peut pas la mettre ni dans la rue ni sur le trottoir, on la met où la neige?
Et dans la catégorie «je ne peux pas croire que j'ai déjà écrit ça», je vous invite à (re)lire un article de début d'année qui décrivait les tempêtes de neige comme une expérience sensuelle collective.
13 décembre 2007
Affaire Norbourg: pouvons-nous rendre justice?
Vincent Lacroix a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation qui étaient portés contre lui dans le cadre de la célèbre affaire Norbourg. Il aura sa sentence sous peu et à peu près tout le monde s'entend pour dire que nous en ferons un cas exemplaire et que le fraudeur de Candiac fera de la prison.
Les crimes économiques soulèvent rarement les passions. On dira du coupable qu'il a fait une erreur et qu'il doit être puni, mais on ne l'exclura pas du genre humain comme on peut le faire avec les tueurs en série ou les tireurs fous parce que, au fond, personne n'a perdu la vie. Mais hier, quand des victimes de la fraude financière sont venus témoigner en cour devant Lacroix, le crime économique a soudainement pris un visage humain. Les histoires entendues étaient tristes et m'ont bouleversé. C'étaient des honnêtes gens qui n'avaient pas nécessairement accumulé des fortunes, mais qui avaient confié leurs économies à Lacroix en vue d'avoir une retraite convenable. Certains racontaient qu'ils étaient retournés au travail, malgré leur vieillesse. D'autres ont pensé au suicide.
Il y a une autre chose dont je voulais parler et qui me préoccupe au plus haut point. Je crois que le réel scandale financier est encore à venir. En effet, les millions de dollars «perdus» ont été à peine consommés. Oui, c'est vrai, Lacroix a mené une vie de débauche sur le dos des investisseurs dans tous les bars de danseuses nues de la région métropolitaine, mais ce n'est pas vrai qu'il a tout dépensé. Selon plusieurs analystes, la majeure partie des fonds se trouve maintenant dans des comptes bancaires secrets à l'étranger. Alors, il suffira à Lacroix de purger quelques mois en prison (grâce à la mécanique des libérations conditionnelles) et dès qu'il aura l'autorisation de sortir du pays, il pourra aller mener une vie de rêve sous le soleil. Alors, je pose la question en recherche réelle d'une réponse: y a-t-il une façon, dans ce cas-ci, de rendre justice?






