04 octobre 2009
I Love
Il y a un renouveau chez moi.
Longtemps, très longtemps, les enfants m'énervaient au plus haut point. Au mieux, c'était l'indifférence. Évidemment, quand ma soeur a eu des enfants et que j'ai été nommé parrain il y a douze ans, je les ai aimés d'office. Mais à cause de l'éloignement géographique et surtout parce que je n'étais pas rendu là dans ma vie, mon rôle a toujours été très limité envers eux.
Je me suis repris hier. J'ai décidé d'inviter pour sa fête mon filleul au rallye automobile auquel je participe annuellement. Je me suis installé avec lui à l'arrière de la voiture et ensemble, nous formions une équipe. Nous étions responsables du temps, des archives et des réponses aux questions. Selon la Marquise, autrement nommée la queen du rallye, il s'agit là d'un rôle essentiel. Je crois qu'il a bien aimé. Une preuve? Un moment donné, il fallait identifier ce qui se retrouvait perché au sommet d'un toit rouge situé de l'autre côté de la rivière. Dans la liste des items à apporter pour le rallye se trouvaient des jumelles. Bon, j'avoue que je suis allé en acheter chez Dollarama. Pour 1$... Évidemment, ça ne valait pas de la schnoute. On ne voyait rien. Qu'à cela ne tienne, sans que je ne le demande, mon petit soldat a enjambé le ravin et s'est mis à courir comme un perdu dans l'immense champ qui nous séparait de la rivière pour qu'il se rapproche le plus possible dudit toit rouge. J'ai même eu peur quelques secondes quand il est disparu de mon champ de vision. Mais il a fini par apparaître à l'horizon. Mon coeur s'est fendu quand il est revenu et qu'il a déclaré «j'ai tout essayé, mais les jumelles ne sont pas assez bonnes, je ne vois rien». Hon...
Mais on s'est bien amusé ensemble. Je suis content de notre journée. Je me souviens du bon moment où nous avons dû jouer à un immense jeu de serpents et échelles avec des indications codées sur le questionnaire. Il était fou de joie. Bon, un autre membre de l'équipage a fini par nous dire que nous nous étions trompés dans nos calculs, mais ce n'était pas grave. Et que dire de la soirée où on dévoilait les résultats et le classement? Nous avions plusieurs bonnes réponses, mais j'ai senti que j'avais peut-être eu une défaillance dans la gestion du temps. Problème: quand j'ai invité mon filleul à la compétition, je lui ai vanté le tout en lui disant qu'on finirait premiers... Alors, j'ai travaillé fort pour diminuer les attentes. C'était quand même bien de pouvoir jubiler ensemble jusqu'au moment où ils ont annoncé la 12e position, la nôtre. Mais il n'était pas si déçu. J'ai eu ma récompense quand il m'a répondu: «on se reprendra l'année prochaine».
C'est pour que ça que je disais plus tôt que je ressentais un renouveau chez moi dans ma fibre «monclelle». Mais il y a plus.
Il y a d'abord eu la naissance de ma seconde filleule, fille vénérable de la Marquise. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais j'avais décrit ici sur Vecteur mon coup de foudre pour elle.
Puis, il y a maintenant ma charlotte aux fraises dont je suis officiellement le vice-fée parraine. Je n'ai jamais vu aussi souvent un bébé de ma vie. Et savez-vous quoi? Je m'y attache pour vrai. Ce que j'aime par-dessus tout, c'est que mon amie K me laisse de la place. La minute où je franchis la porte, elle me sacre le bébé dans les bras. J'exagère à peine. J'ai même eu à changer la couche et à donner le biberon. Je me trouve pas mal bon. Ma spécialité? La calmer de ses pleurs. Je la promène partout, je lui chante des chansons ridicules et elle aime ça. Dès que je tente de m'asseoir because bras morts, elle se remet à hurler. Alors je me lève et je lui chante de tout mon coeur «I just call to say, I love you». Elle adore. Surtout quand je vais chercher des notes graves.
Vendredi passé, K avait l'air fatiguée plus que jamais. Je n'arrivais plus à distinguer ma greluche derrière les cernes. Prince V aussi. C'est alors que je leur ai dit qu'ils pouvaient aller se coucher et que fée-parraine et moi, on allait s'occuper de tout. On a réussi à préserver le calme dans la maison pendant une bonne heure. J'étais tellement content de pouvoir faire ça pour mes amis. Quand j'ai vu qu'elle commençait à sortir la langue, j'ai même tenté de préparer un biberon. Une chance que K s'est levée, car j'avais oublié de mettre le fond du biberon. Elle qui prend tellement de temps à se traire... Je m'en serais voulu énormément.
Oui, je découvre vraiment une nouvelle fibre en moi. Je ne sais pas encore exactement ce que ça signifie, mais je sens que je me rapproche de plus en plus de ce concept de «famille élargie, famille de choix» dont me parlait K.
I love.
Commentaires
Je prends des notes...
Et prépare-toi, il y en a un autre qui s'en vient !
Je pense que c'est ton texte le plus achevé de toute l'histoire de ton blog. Ça se lit avec bonheur, et, en tant que fée-parraine, je trouve moi aussi le bonheur dans les enfants!
Erratum
Dans mon commentaire précédent, «un autre» aurait dû se lire «une autre». Mille excuses, demoiselle Raphaëlle..
Magnifique!Je t'imagine très bien. Les bébés ça fait tomber les masques. Ils s'en foutent eux-autres si t'as les cheveux tout croche ou si t'as l'air fou. De l'amour et de l'attention.
Et il est hot ton filleul! Même s'ils sont plus vieux et que des fois ça joue les "tough", quand ils sentent qu'on les aime et qu'on enlève les masques, c'est un débordement d'amour infini.
Bravo mononcle et vice-fée parraine (j'adore ça!!!)
With great respect and love
A.
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