Vecteur

Vecteur: ce qui véhicule, transmet quelque chose. Dans ce webzine décapant, il y aura régulièrement de nouvelles chroniques qui porteront autant sur les petits riens que sur les grands enjeux qui traversent ma vie et ma société.

30 juin 2008

Pas en forme pantoute

MèRU me le faisait remarquer: ce n'est pas logique notre affaire! Hier, nous sommes allés au Sky Spa dans le chic quartier Dix30 (Brossard). Nous y avons expérimenté les vertus du mélange des bains chauds et froids et nous y avons reçu un délicieux massage. Tout pour détendre notre corps vieux d'une trentaine d'années. Question de tout gâcher, nous sommes allés faire du vélo aujourd'hui. Du quartier Villeray jusqu'au canal Lachine, aller-retour. Ayoye! Je n'en peux plus, je ne veux (peux) plus bouger. Et demain, je vais aider à déménager ma mère à Sorel. Je vais être beau à voir. Non, vraiment, il va falloir me mettre en forme. Encore une fois, vivement le mois de septembre quand je pourrai (devrai) marcher pour aller travailler. Ma vieille charpente de 31 ans ne peut plus supporter l'inactivité.

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29 juin 2008

Visibilité gaie

cordillera_couplesJe viens de recevoir le guide gouvernemental intitulé de façon accrocheuse «Le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs». Un beau guide avec du papier glacé, des photos pis toute pis toute. Sur toutes les photos (comme celle ci-contre), on peut y voir des acheteurs heureux dans leurs démarches. Alors que les couples hétéros sont à l'honneur, pas un seul gai est représenté. Il y a un bien un gars photographié seul devant une fenêtre, mais mettons que ça prend de l'imagination pour se sentir inclus!

Si on accepte que les homosexuels représentent 10% de la population (chiffre parfois contesté), nous serions en droit de nous attendre à ce qu'il y ait au moins une petite photo d'un couple de gais sur la quinzaine d'images parfaites du guide, non? J'aimerais avoir les statistiques des couples acheteurs de condos. Mon petit doigt me dit que les gais représentent plus que 10% du marché.

Le monde de la publicité et des publications officielles n'offre jamais de visibilité aux gais, sauf dans des endroits ou documents spécialisés. Il y a bien eu Ikea, une fois. Quand le message est d'ordre général, on efface les gais. Pourtant, ils sont présents dans les téléromans. Pourquoi? Dans le téléroman, on aime inclure des gais, car on peut problématiser leur vie, tandis que dans la publicité, on ne veut pas déranger le client potentiel. Je comprends qu'on aime mieux s'adresser à la grande majorité des consommateurs. Autrement, on pourrait avoir l'impression qu'on ne vise qu'un segment de la population. Mais quand plusieurs couples sont représentés (comme dans mon guide, comme dans les publicités de Desjardins et, ô sacrilège, comme dans les pubs insipides de bières), je crois qu'on pourrait faire un petit effort une fois de temps en temps.

Je vous entends tous dire que je fais des drames avec rien. Qu'il y a des causes plus importantes. On m'a toujours dit qu'il fallait choisir ses combats. Eh bien, c'est celui que j'ai choisi. Ne me dites pas que ce manque de visibilité est inoffensif. Partout où je regarde, je ne me retrouve pas. Comment faire dissiper cette impression de ne pas «fitter» dans ma société quand on me fait sentir que je ne mérite pas d'être montré en public?

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28 juin 2008

Silence au cinéma

chut_2_1171641714Je suis très sensible au bruit quand je vais au cinéma. Dès que j'arrive dans la salle, je regarde les personnes qui sont arrivées et j'essaie de deviner si elles ont une face à parler pendant un film. Il m'arrive même de changer de place avant le début de la projection, quand je soupçonne quelqu'un d'être trop tache. Bref, je suis très intolérant. Je ne veux pas un son. Si jamais j'ai moi-même un commentaire à glisser pendant un film, je le fais en chuchotant pendant qu'il y a de la musique.

Je me souviens d'une fois où deux petites vieilles parlaient pendant tout le film. À la fin, je suis allé les voir et j'ai déclaré: «mesdames, on ne parle pas au cinéma, on apprend ça à l'enfance». Et que dire de toutes ces fois où je me suis retourné pour dévisager les impolis? Mais maintenant, je me retiens. Je refoule. C'est que j'ai appris que lorsque je fais une scène pour une question de bruit, je me sens mal pendant tout le reste de la projection.

La pire place, c'est le cinéma Beaubien. C'est un cinéma de petits vieux qui aiment exprimer ce qu'ils ressentent. Je me souviens, par exemple, du visionnement du film «Le secret de ma mère». Le monde en faisait trop. Ça hurlait de rire quand Clémence Desrochers buvait un peu de gin (oh que c'est drôle) et ça braillait frénétiquement quand des larmes roulaient sur le visage d'un personnage. Ou encore, ça poussait des petits «oh!» ou «ah ben!» à chaque fois que la jeune Ginette Reno fendait du bois avec sa hache. 

Je crois que je suis rendu aux solutions extrêmes: je réclame des écouteurs pour toutes les salles.  Ainsi, je pourrais m'asseoir et me retrouver en paix avec les personnages du film. Je sais, je suis sauvage. Mais bon, j'aime encore trop le fait de «sortir» au cinéma pour m'en priver. Il y a comme quelque chose qui se brise dès qu'on a la possibilité d'appuyer sur «pause». Pour le meilleur et le pour pire, je continuerai donc d'aller en salle. Soupirs.

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25 juin 2008

Think positive!

730312351_smallJe sais qu'on est supposé prendre des résolutions au début de l'année seulement. Qu'à cela ne tienne, j'ai le goût de travailler sur moi-même dès maintenant. Je vais essayer de devenir une personne plus positive. Ça veut donc dire moins de sarcasme, d'ironie et de dénigrement.

Pourquoi ce changement soudain? Je ne sais pas. C'est peut-être une influence de mon amie K qui est une véritable bombe d'énergie positive. Ou peut-être juste que j'en ai assez de me choquer contre tout ce qui bouge. Comme si personne ne valait la peine.

Je me lance. J'essaie dès maintenant de comprendre ce qui sous-tend les comportements qui m'énervent. J'essaie de trouver quelque chose de beau dans tout, même quand c'est laid. Et non, ça ne veut pas dire que je débranche complètement mon esprit critique. Je continuerai à détester l'ADQ, par exemple.

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24 juin 2008

Visite impromptue

Dès que j'en ai la possibilité, j'aime aller faire une petite visite au chantier de construction de mon futur condo. J'aime particulièrement y aller la semaine (ce qui est plus rare à cause de mon travail), car il y a de l'action et je peux surprendre les ouvriers en plein travail (ou en pause). C'est ce que j'appelle une visite impromptue.

Comme j'avais congé hier, j'y suis allé avec mon amie K. Celle-ci a affronté la gravelle avec ses fabulous sandales pour aller avec moi à l'arrière du chantier. C'est là qu'elle m'a offert le plus cadeau de Saint-Jean de ma vie. Se servant de tous ses charmes féminins, elle est allée convaincre un gars de la construction de nous permettre de monter à mon condo.

Voici donc en exclusivité un preview. Ne regardez pas le ménage...

Condo_061

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J'étais tellement excité! Je devais être beau à voir. J'ai même préparé une petite vidéo, disponible à mon entourage.

Vivement le premier septembre!

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22 juin 2008

99 Francs

99francs199 Francs / France / 2007 / Jan Kounen

Ce film plaira à toute la population sarcastique dont je fais partie. Les personnes de droite disent que le sarcasme est le refuge des perdants. Eh bien, je ne sais pas si je suis un perdant, mais j'ai beaucoup aimé me réfugier dans 99 francs. Le film se moque de tous les clichés véhiculés par la publicité. Il s'agit en fait d'une attaque en règle contre ce milieu et même contre le système capitaliste au complet.

L'histoire provient du roman de Frédéric Beigbeder, un auteur fortement pessimiste. Et le tout transparaît dans le film. On nous propose deux finales possibles: une qui se finit dramatiquement et une autre qui se finit dans l'illusion du bonheur. Mais ne vous en faites pas, ce n'est pas un film qui donne le goût de se tirer une balle. Au contraire, je n'ai jamais autant ri...jaune.

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21 juin 2008

Buveur désigné

Comme chantait Nuance, yé quatre heures du matin! Au moment où je vous écris, le wagon d'entretien du métro passe sous la maison, le seul qui est assez bruyant pour être entendu d'en haut. Ce wagon d'entretien, que je n'ai jamais vu, passe à la fermeture et à l'ouverture du métro. Quand on l'entend dans la maison, ou bien ça nous dit qu'il serait temps d'aller se coucher, ou bien ça nous indique, comme présentement, que la nuit a été dure.

Comme presque à tous les vendredis, je suis allé dans un cocktail sur l'Île-des-Soeurs. Mais cette fois-ci, pour une très rare fois, je n'étais pas le conducteur désigné. Et j'ai un peu beaucoup exagéré. Pour une très rare fois, je crois avoir perdu le contrôle. K dit que les traits de personnalité apparaissent plus clairement quand on boit beaucoup. J'ai hâte d'avoir son compte rendu.

C'était l'fun sur le coup, mais là je suis pogné devant mon ordinateur à 4h45 avec un sérieux mal de tête. Je pensais au moins avoir hâte à 7h pour aller manger chez Dans la bouche (tradition du samedi matin suivie d'une visite au chantier du condo), mais je n'ai vraiment pas faim et je n'ai pas le goût de bouger, car je suis tout étourdi. Peut-être tantôt.

Bref, je comprends mieux maintenant l'ambivalence de l'Élu de mon coeur au sujet de l'alcool. Et surtout, je comprends maintenant qu'il est possible de sombrer dans un sommeil profond en deux secondes à minuit et se réveiller avec des yeux grands comme des vingt-cinq cents à quatre heures du matin. Et non, je ne suis pas encore sur le chemin!

Mise à jour à 10h: K me dit que mon anxiété n'est que superficielle, car au fond, je suis un gars heureux et positif. Par contre, il paraît que je manque de concision dans mes histoires...

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18 juin 2008

Un projet personnel d'écriture

Je démarre un projet qui ne mènera peut-être nulle part. Ou bien il mènera au contraire dans des endroits insoupçonnés. Il s'agit d'un projet personnel d'écriture qui consistera à prendre des morceaux de texte sur Vecteur pour en faire un récit qui se tient. On verra bien ce que ça donnera. Peut-être mes mémoires?

Si ça vous intéresse de suivre mes travaux, vous pourrez le faire sur une extension de Vecteur: www.vecteur2.canalblog.com. Avertissement: le tout est sans prétention. Il n'y aura pas de belle mise en page. Il s'agira essentiellement d'un work in progress où il n'y aura pas nécessairement un souci de rendre les choses claires pour le lecteur. Et ça se peut très bien qu'il y ait de longs moments sans écriture. Bref, ce nouvel espace est d'abord pour moi.

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17 juin 2008

Avard, François - Pour de vrai: un reality book inspirant

ph_auteur_avardMylbou m'a prêté ce roman pas comme les autres. Je ne suis pas rendu très loin, mais je peux déjà dire que j'adore ça. Ce n'est pas une grande surprise, car j'ai bien aimé L'écriture d'Avard dans l'émission Les Bougon. Dès le début, des passages me frappent. Je fais ici un collage d'extraits pour vous mettre dans mon état d'esprit.

Toutes les décisions que l'on prend dans la vie, tous les choix que l'on fait, tous les gestes que l'on pose, même les plus anodins, prennent un jour tout leur sens. Les morceaux de vie ne s'emboîtent pas au même moment pour tout le monde. Il y a ceux qui pourront vivre une vie s'en remettre cela en question. Et il y a les autres, comme moi, qui constatent un jour qu'ils aboutissent dans un cul-de-sac. Je vous rassure tout de suite: je ne fais pas pitié. Je le sens: je suis tout près du bonheur. Je l'effleure. Et ce frôlement permanent m'irrite davantage qu'il me chatouille. Non, ce jour-là, j'étais persuadé de tenir la panacée: un reality book.

Le flash que je viens d'avoir n'a rien à voir avec le projet d'écriture d'Avard, mais il en est inspiré. Ça va bientôt faire deux ans que j'écris des morceaux de vie sur ce modeste blogue. Ne serait-il pas temps d'essayer de coller quelques morceaux? Comme Avard, je ne fais pas pitié. Moi aussi j'effleure le bonheur. Il ne me manque qu'à trouver un sens à ma vie. Juste ça! Et si j'essayais d'écrire un reality book à partir de toutes ces phrases qui se retrouvent pêle-mêle sur Vecteur? J'y songe.

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16 juin 2008

Tague!

Attrape le livre le plus proche
Va à la page 123 (ou 23 si short book !)
Trouve la 5ème phrase
Et recopie les 3 suivantes
Tague 5 autres personnes

Seul un homme qui la voulait mais qu'elle refusait pouvait offrir à ma petite putain la mesure de sa valeur. Et comme elle voulait être à ses propres yeux la meilleure et la plus belle, elle s'est montrée extrêmement sévère et exigeante quand il a fallu choisir celui-là, l'unique, qu'elle honorerait de son refus. C'est moi qu'elle a finalement choisi, et j'ai compris que c'était un honneur exceptionnel, et aujourd'hui encore je considère cela comme mon plus grand succès amoureux.

Extrait de Risibles amours de Kundera.

Je tague de façon imaginaire les blogueurs qui lisent ces lignes...

Posté par Vecteur à 10:22 - Lectures - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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