Vecteur

Vecteur: ce qui véhicule, transmet quelque chose. Dans ce webzine décapant, il y aura régulièrement de nouvelles chroniques qui porteront autant sur les petits riens que sur les grands enjeux qui traversent ma vie et ma société.

06 avril 2008

Parentalité: du besoin et du désir d'avoir un enfant

Je suis en train de réaliser quel sera le grand défi de ma trentaine. Il s'agira de m'adapter aux changements qui s'opèrent dans mon environnement. Tous, mais alors là vraiment tous, mes couples d'amis ont / sont en voie d'avoir / songent à avoir des enfants. Je comprends, c'est comme ça que ça fonctionne. C'est dans l'ordre des choses. Mais moi qui suis homosexuel, je regarde les autres prendre le train de la parentalité pendant que je reste en gare. C'est difficile. Je me sens de plus en plus seul. Les autres changent, pendant que je change différemment.

L'élu de mon coeur m'a demandé si je voulais un jour adopter un enfant. Ce n'est pas la première fois qu'il me pose cette question. J'ai toujours répondu par la négative tout en lui disant qu'il est toujours possible que je change un jour d'idée. Ma réponse est encore aujourd'hui négative. Mais je demeure ouvert à la réflexion. Voici deux pistes de réflexion qui m'amènent, pour l'instant, à maintenir ma décision de ne pas avoir d'enfant.

Cultiver ma différence

Si l'élu de mon coeur était une femme, je vous assure que je lui ferais un enfant dès cette année. Je serais père rapidement. Car j'ose l'avouer, je crois que je fais foncièrement partie du mainstream. Je ne suis pas un être subversif. Ce n'est pas moi ça. Alors, c'est sûr que je suivrais le puissant courant de la parentalité si je n'étais pas homosexuel. Mais depuis qu'il est possible d'adopter, je suis forcé de me sortir du confort de cette impossibilité. Je dois trouver une autre explication.

Mon homosexualité est peut-être, au bout du compte, la seule particularité qui me distingue du mainstream. Et je me dis que c'est sûrement mon devoir de cultiver cette différence. Je veux en faire quelque chose de positif. Ne pas avoir d'enfants est un choix de vie qui mène sûrement ailleurs que le choix inverse, pour le meilleur et pour le pire. Et je veux voir ce qu'il y a pour moi au bout de cette route.

À quoi bon?

Disons que j'oublie ma première réflexion et que je décide d'adopter une petite Chinoise. Ling Ling. Je sors cette enfant de la misère, je l'aime, je la guide selon mes principes, je l'aide à choisir sa profession, elle se trouve un chum, elle se marie, elle a beaucoup d'enfants et elle vit heureuse très longtemps. Et puis Ling Ling se sentira obligée de venir me voir. Je serai le vieux radoteux, l'obligation dans sa vie. Tout ça pour que Ling Ling recommence un nouveau cycle. À quoi bon tout ça?

Évidemment, on peut renverser la réflexion. À quoi bon mener une vie sans enfants? Peut-être pour investir son temps et son énergie dans d'autres projets. Comme quoi? Aucune idée, vraiment.

Posté par Vecteur à 18:40 - Enjeux sociaux - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Marraine ?

Je peux être la marraine de Ling Ling ? Elle me plaît déjà... Et ça lui ferait deux grincheux à visiter plus tard.

Posté par L'Amie, 08 avril 2008 à 19:18

LING LING

pourquoi pas!

jeanne et moi GRAND -MAMAN de LING LING ?

MOI ,JE ME VOIE DÉJA ,MAMIE

JE L'AIME DÉJÀ

MAIS LA DÉCISION VOUS REVIENT
MAMAN XXXX

Posté par suzanne, 18 avril 2008 à 08:02

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