Vecteur

Vecteur: ce qui véhicule, transmet quelque chose. Dans ce webzine décapant, il y aura régulièrement de nouvelles chroniques qui porteront autant sur les petits riens que sur les grands enjeux qui traversent ma vie et ma société.

03 novembre 2007

Foglia et le drame de l'Île-Perrot

Vous avez tous été témoins comme moi du drame de l'Île-Perrot. La petite Bianca, 3 ans, est morte cette semaine à cause d'une de ces courses folles de voitures qui font fureur en banlieue. Je n'ai pas écrit sur le sujet, car je n'arrivais pas à trouver un angle intéressant. Pierre Foglia, chroniqueur à La Presse, y est arrivé. Ce que j'ai lu de lui ce matin m'a beaucoup plu. Faute de faire aussi bien que lui, je résumerai ses propos.

Il dit qu'il n'aime par les chars «pour la place qu'ils prennent dans nos vies mais aussi pour les vies qu'ils nous prennent, plus que le cancer, l'Irak et l'Afghanistan réunis». C'est pour cette raison que Foglia est extrêmement prudent en voiture. Et voici ce qu'il répond aux chauffeurs impatients qui se trouvent derrière lui: «une seconde, monsieur l'impétueux, mononcle va se tasser dès qu'il aura dépassé le camion et qu'il pourra se rabattre en toute sécurité, voilà, voilà, mononcle se tasse, allez tu peux passer, allez fonce à 150 kilomètres à l'heure vers ton bungalow où t'attend ta petite vie à 12 kilomètres à l'heure».

Plus loin, il dénonce la thèse du hasard pour expliquer la mort de Bianca: «Ce n'est pas le hasard qui l'a tuée, mais la vitesse, la connerie, cette culture qui fait vroum-vroum». Quant aux solutions à adopter, il rejette celle qui préconise une présence accrue des policiers: «Si vous voulez mon avis, ça prendrait surtout des parents qui n'offrent pas des Sunfire à leur gamin de 17 ans. Qui ne leur passent pas non plus la clé de leur Golf quand il n'a que son permis temporaire».

Enfin, il n'accepte pas la phrase «peut-être que Dieu a eu besoin d'un ange» laissée par quelqu'un sur les lieux de l'accident, question de raisonner l'irraisonnable. Il écrit durement: «On ne dirait pas ces mots-là pour le crime d'un pédophile [...]. Pourtant, comme les pédophiles, ces petits cons se laissent conduire par leur queue, leur testostérone, leurs hormones de merde».

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