02 juin 2007
Homards à mort
Hier, dans le cadre d'un party de bureau, j'ai mangé pour la première fois du homard. Pour tous ceux qui connaissent mon légendaire dédain pour la nourriture qui sort un peu de l'ordinaire, il y a de quoi être surpris. Avant de vous raconter mon expérience culinaire, je dois vous parler du contexte. Je tiens à souligner que l'on ne m'a pas servi un homard comme on le ferait dans un restaurant. Non, j'ai assisté à la mise à mort des pauvres petites bêtes.
Il y avait une quarantaine de homards qui baignaient dans des sacs en plastique sur la galerie. Les tortionnaires ont allumé un feu sous un immense (vraiment immense) chaudron rempli d'eau. Après quelques minutes, on a ouvert les sacs et, un par un, on a coupé les élastiques qui retenaient les pinces avant de garrocher les homards dans l'eau bouillante. Contrairement à ce qu'on m'avait dit, je ne les ai pas entendus crier (c'était déjà ça de gagner). Mais je les ai vus bouger longtemps dans l'eau bouillante pendant qu'ils rougissaient de plus en plus. J'étais sous le choc. Ils souffraient!
Je me suis subtilement éloigné de la marmite, car je n'en pouvais plus. Heureusement, à mon bureau, j'ai des collègues qui dépassent parfois mon haut degré de cynisme. La petite fille rousse (j'introduis aujourd'hui un nouveau personnage) m'a dit de son ton assuré habituel: «avec un cerveau petit comme ça, penses-tu vraiment qu'il y a beaucoup d'émotions là-dedans?». Ouin, OK.
Je suis allé m'asseoir à la table. Peu de temps après, les bourreaux ont apporté une colline de carcasses rouges sur une grande tôle. Il fallait prendre nous-mêmes le homard pour le mettre dans notre assiette. Ouach! Mais puisqu'on allait le manger, je me suis dit que je pouvais laisser passer mes réflexes de citadin. Je n'avais aucune idée de la manière de manger ça. Heureusement, ma boss, qui vient du Bas-Saint-Laurent, m'a tout expliqué. D'abord, elle m'a fait valoir que la meilleure partie de la chair du homard se trouvait dans les pinces. Dans son cas, elle mange une pince au début et se garde l'autre pour la fin. Bavette autour du cou, j'ai donc brisé les pinces de mon homard. Je vous jure, j'avais vraiment l'impression qu'il allait se mettre à bouger! J'étais sûrement beau à voir... Après avoir beaucoup gossé, j'ai fini pour noyer un petit bout de chair blanche dans du beurre à l'ail. Mais c'est vraiment bon! Ce fut après le tour de la queue (il y a eu évidemment un éclat de rire quand un cuisinier a demandé si quelqu'un voulait une queue...) et c'était un peu moins laborieux.
Bilan? Comme dirait MeRU, c'est beaucoup de trouble pour peu de stock à manger. Et surtout, ça reste assez dégueulasse. Tu as une grosse carcasse devant toi que tu dois pulvériser. Il y a du jus qui sort de partout et tu as les mains couvertes de beurre à l'ail. L'année prochaine, je crois que je vais m'asseoir avec ceux qui avaient commandé du saumon. Au moins, dans le cas des poissons, on ne les voit pas mourir dans un filet... Vive le déni!
Commentaires
Expérience traumatisante!
Pôôôvre toi! Quelle expérience é-pou-van-table!
Mais oui ca crie des homards... Madame îles de la madeleine m'expliquait par contre que c'était un bruit d'air qui se vide de leur corps?!
Bingo pour le saumon, pour moi aussi, l'an prochain. C'est moins cochon à manger :)
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