19 mai 2007
Politique de la porte
Vous arrivez au centre d'achats et vous vous dirigez d'un bon pas vers la porte d'entrée. Nous qui avons tous été éduqués à être polis, nous avons appris à vérifier en tout temps si une personne marche derrière nous pour que nous puissions, le cas échéant, retenir gentiment la porte pour elle. C'est ce que vous faites, vous regardez derrière vous. C'est inévitable, il y a effectivement quelqu'un. Ce quelqu'un est à dix mètres de vous et marche d'un pas de tortue. Et il a vu que vous l'avez vu. C'est terminé, vous n'avez plus le choix, vous ouvrez la porte et vous attendez patiemment, avec votre plus beau sourire hypocrite, que la tortue arrive à la porte.
Moi je dis que ça suffit les folies! Moi qui ai à faire face à de multiples portes franchies par une horde de personnes chaque matin pour aller travailler (voir Un trajet de métro planifié en maniaque), j'ai décidé de ne plus me casser la tête. Attention, ne me traitez pas de sauvage tout de suite! Ma stratégie est la suivante: je marche de mon pas rapide habituel, j'ouvre la porte et je la retiens du revers de ma main le temps de mon passage de façon à ce que SI une personne se trouve juste derrière moi, elle pourra sans problème entrer et retenir à son tour la porte pour une autre personne. Ma retenue de porte ne dure donc qu'une seconde ou deux. Pour pouvoir en bénéficier, il faut être juste derrière moi. Vous étiez à quatre secondes de moi? Désolé, ce n'est rien de personnel, mais je n'ai pas le temps de retenir toutes les portes du monde. Voilà, il me semble, une politique de la porte raisonnable pour un meilleur vivre-ensemble où personne ne sera frustré.
J'entends déjà les apôtres du conservatisme social: mais où est la galanterie? Dans mon cul (excusez-moi, c'est le café)! Ce qui m'écoeure avec la galanterie, c'est qu'elle est généralement à sens unique. C'est toujours l'homme tout-puissant qui retient avec ses gros bras la lourde porte pour la petite médame chétive et sans capacité musculaire. Vous aurez deviné que j'ai de la misère avec ce pattern. Ceux que je veux séduire (les hommes) ne sont nullement intéressés par quelqu'un qui leur ouvre la porte et celles qui veulent se faire ouvrir la porte ne m'intéressent pas. C'est la même chose avec un tas de niaiseries supportées par des filles pourtant intelligentes que je connais. Entre autres, une amie me répète sans cesse qu'une dame ne doit jamais se servir de vin elle-même à table. Elle doit attendre que le monsieur le fasse. Bullshit (c'est du Nabob extra fort)! Qu'elle se le serve toute seule son vin!
Mais je m'égare... Où en étais-je? Ah oui, l'argument de la galanterie n'est pas recevable. À la rigueur, l'argument de la compassion le serait. Quelqu'un qui nous suit en fauteuil roulant ou en béquilles mérite une retenue de porte plus soutenue. Mais comme je ne regarde plus derrière moi, il y a de fortes chances que je ne voie pas ces personnes en détresse. J'adore mes contradictions!
Avant de vous quitter pour aller me servir encore du café, je vais vous parler d'une situation qui m'écoeure au plus haut point. Vous arrivez à une porte et au même moment, quelqu'un arrive également de l'autre côté de la porte. Avec mon attitude je-ne-me-casse-pas-la-tête, je procède immédiatement à l'ouverture de la porte. Mais voilà que la connasse de l'autre bord en profite pour sortir en me faisant un sourire de remerciement. Je me dis intérieurement (quand même, j'ai encore des inhibitions): «hey chose, je ne l'ouvrais pas pour toi la porte». Et que dire des portes tournantes quand ce n'est pas tout le monde qui pousse avec la même ardeur? En tous cas, je crois que je vais m'arrêter là. Je me suis défoulé. Je me sens mieux.
Commentaires
La diva est là
J'ai compris il y a longtemps. Quand je soupe avec toi, je me le sers toute seule, mon vin. Au fond de moi, je sais que tu ne m'en serviras pas JUSTE POUR PROUVER TON POINT. Je sais que, quand je me sers du vin, tu me regardes du coin de l'oeil et tu souris intérieurement. Tu te dis "c'est moi qui ai gagné, elle s'est servie toute seule". Qu'est-ce que tu veux, je préfère avoir un verre de vin et perdre la face que le contraire.
C'est pas grave. J'ai fini par me faire à l'idée. C'est comme parler avec quelqu'un qui sacre à tous les deux mots. Tu endures le défaut de la personne sans critiquer... Quand c'est un ami qu'on apprécie, on endure plus facilement les travers.
Maintenant, je vais savoir que tu n'es aucunement gentleman non seulement à table, mais aussi dans les déplacements. Merci de m'en prévenir, je ne me casserai pas les dents sur une porte qui me claquera en pleine face.
Sans rancune, tu sais, je suis une diva.
Come on!
Vecteur, la trentaine ne te va vraiment pas bien....tu es vraiment rendu un vieux mal commode!
Je suis tout a fait d accord avec l Amie, TU dois servir le vin...surtout si le souper est chez toi! Toutes les femmes sont des Divas et veulent etre considerer ainsi! Je sais, y a des conventions dans la vie, et ca, ca ne te plait pas...mais n en fait pas une maladie!
Tu vis en societe...assume! Il faut des regles de politesse pour vivre de facon conviviale. Sinon, va vivre dans le fond des bois sur une ferme...les animaux...ils s en fout que tu leur souris ou pas...toutefois, tu ne deviendras certainement pas un gentlemen fermier!
Par chance, tu es etre angoisse, ouvert d esprit et plein de contradictions...ce qui veut dire qu il y a de l espoir pour te faire evoluer! Ca me fait penser, y a pas si longtemps, un certain Vecteur m a offert un job...d etre sa nounou...sa bonne!!! Faire le lavage, le menage, le repassage, les repas....Quand on y pense, ce sont des roles assez tranditionnels???!!!
Tres cher Vecteur...comme il me tarde de reboire un verre de vin avec toi...un verre que tu me serviras, naturellement!!!
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=168874&pid=4105803
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





