16 octobre 2006
The Departed: l'art de camoufler son inanité
The Departed / USA / 2006 / Martin Scorsese
Il y a malheureusement des films qui sont centrés autour d'un scénario compliqué au maximum. Martin Scorsese, vieille croûte qui n'a apparemment rien à dire, a emprunté ce chemin facile pour dissimuler son manque de talent. La recette est simple: il suffit de choisir les plus beaux gosses d'Hollywood, de les mettre dans des scènes de tuerie à ne plus finir, de les faire baiser avec une jolie blonde et de les impliquer au beau milieu d'entrecroisements de crosses de façon à faire perdre le fil au spectateur. Voilà, c'était le résumé de The Departed.
Un peu partout dans les médias, on crie au génie de Scorsese, car celui-ci a réussi (WOW!) à filmer des scènes de mafia contre la police. Quelle originalité! Et pour être certain d'être complimenté de toutes parts, il a fait en sorte que le spectateur moyen ait de la difficulté à suivre l'intrigue par moments. Ainsi, les gens sortent de la salle en disant: «c'était un scénario très riche». Bullshit! C'était juste une oeuvre sans contenu qui se camouflait derrière de l'artifice.
Malgré tout, je ne dis pas que The Departed est le pire film de l'histoire de l'humanité. Au moins, contrairement à d'autres films du genre «L.A. Confidential», j'ai fini par tout comprendre. Je dois également avouer que le jeu des acteurs était très bien rendu. Bref, si vous voulez vous casser la tête pendant 2 heures et demie tout en savourant une centaine de giclées de sang, allez-y, je vous en prie. Vous pourrez alors observer que Scorsese a essayé de racheter son inanité dans la scène finale. Vous allez voir, c'est pathétique de constater à quel point le film se ferme sur une tentative de créer de la symbolique pour créer de la symbolique. Vous aurez compris que je viens d'ajouter Scorsese à ma liste noire.
Pour une critique plus positive, je vous invite à lire le message de Regard urbain.
Man of the Year
Man of the Year / USA / 2006 / Barry Levinson
Voilà une comédie mordante! Au-delà des nombreux rires que suscite le jeu de Robin Williams, le film nous amène à réfléchir sur trois thèmes de l'actualité états-unienne: 1) la sclérose des deux grands partis politiques établis, 2) le système de décompte des votes et 3) le manque d'éthique, voire de patriotisme, de certaines entreprises.
En gros, c'est l'histoire d'un comédien très populaire (genre Guy A. Lepage) qui se lance à la course à la présidence des États-Unis et qui finit par gagner à cause d'un problème informatique. Une femme, Eleanor Green (jouée par l'excellente Laura Linney), vient troubler cette histoire en ajoutant une bonne dose de suspense.
Malheureusement, il y a quelques défauts. Premièrement, il y a trop de musique (les traditionnels violons) plaquée là pour susciter de l'émotion. Et ça ne colle pas. Deuxièmement, l'héroïne est trop parfaite. Il s'agit d'une femme courageuse qui va jusqu'au bout de ses convictions et qui est récompensée pour sa vertu. Ouach! Finalement, il y a quelques longueurs dont on aurait pu se passer. Par exemple, la scène inutile de la machine distributrice qui ne veut pas accepter un billet de un dollar. Est-ce vraiment nécessaire?
Bon film à aller voir dans sa version originale si vous maîtrisez la langue anglaise. La prestation de Robin Willams en vaut la peine.





