20 novembre 2009
En reperdre
Il y a eu une époque où l'intelligence (celle qui relève de la logique) était pour moi une qualité qui battait toutes les autres. Je me comparais et j'essayais de me convaincre que j'étais au-dessus de la moyenne. Je tentais par tous les moyens de la développer, alors qu'on n'y peut sûrement rien.
Les méchantes langues diront que c'est parce que j'ai perdu mon combat, mais aujourd'hui je vois l'intelligence (avec les yeux du cooooeuuuuuur) comme un état et non comme une qualité. Je me sens d'ailleurs personnellement moyen et je suis plutôt zen par rapport à ça. Ça a peut-être à voir avec le fait que nous avons collectivement raffiné notre conception de l'intelligence en prenant en considération les capacités émotionnelles, relationnelles, de visualisation spatiale, etc. Mais au bout du compte (on se rend commmmmmmpte) je suis zen parce que je ne sais plus trop à quoi ça sert l'intelligence. Oui, construire un pont et tout ça, ça prend l'intelligence, on s'entend, mais pour le développement de la personne, pour l'avancement de l'humanité, je crois qu'on surestime l'apport de l'intelligence.
Je dirais que la conscience est maintenant ma nouvelle préoccupation. Avoir conscience des enjeux qui nous entourent (même sans avoir l'intelligence pour les analyser), avoir conscience de la condition humaine, avoir une vraie conscience de soi, c'est tout ce qui compte. Et voilà également ma grande peur, celle d'en reperdre de ce côté-là, d'oublier des détails, de ne plus porter attention à des luttes qui me tenaient autrefois à coeur, de développer une indifférence générale.
Vous voyez, je ne me souviens même plus où je voulais en venir avec tout ça :)
12 novembre 2009
Lang Lang
J'ai lu la biographie du célèbre pianiste chinois Lang Lang surtout parce que j'irai bientôt l'écouter en concert à l'OSM. Rien que pour ça, je suis content de m'être tapé de cette brique, impressionnante pour un jeune de 27 ans!
Le livre est une longue pente descendante. Au début, c'est très fascinant de voir ce qu'on a imposé à ce pauvre petit Lang Lang. Ce sont ces pages que j'aurai en tête quand je le verrai se faire aller sur le piano. Mais par la suite, plus on se rapproche de l'âge adulte, plus ça devient gazant. On dirait quelqu'un qui se regarde dans le miroir et qui se trouve bien bon et bien beau. Aucun croustillant, que du talent et de la bonté humaine. Par exemple, le récit de son voyage en Tanzanie est truffé de clichés sur l'aide humanitaire.
Bref, je vois avec ce livre les limites du format biographique et ça me remet en question, moi qui pensais peut-être avec mes écrits sur Vecteur constituer une autobiographie de la banalité. J'espère tirer une leçon de ce livre qui n'est pas plate seulement grâce à son nombre important de pages...
07 novembre 2009
Livrée en pâture
Hier, la salle était pleine. Peut-être 60 personnes. Devant l'assemblée se tenait une femme baragouinant le français. Ça faisait à peu près un an que je gossais cette administratrice de mon entrepreneur de condo. Oui, enfin, la remise de l'administration au syndicat était arrivée, et pourtant, ça ne me tentait pas.
Il y a eu la prise des présences et l'explication des dépenses communes pour l'année. Ensuite, on a nous expliqué qu'il y aurait 5 syndicats de 8 unités et que pour chacune d'elle il y aurait 3 administrateurs et un officier. Pourquoi pas un seul grand syndicat, question de simplifier les choses? Because la Ville de Montréal, bien sûr. Avec mon entrepreneur, ou bien c'est la faute de la Ville ou bien c'est la faute de la secrétaire, celle qui se tient devant nous.
Nous en étions à ces banalités administratives quand une première personne s'est levée pour s'exprimer sur la qualité du service de l'entrepreneur.
Dérapage non contrôlé.
Une deuxième, troisième, quatrième, cinquième et même sixième personne se sont levées pour témoigner sous l'approbation sentie de la foule.
J'ai eu de l'eau dans mon sous-sol. Vous ne respectez pas vos promesses. Le drain gèle. Votre service à la clientèle, c'est n'importe quoi. Les réparateurs que vous envoyez sont incompétents. L'eau de l'air climatisé s'infiltre dans l'entretoit. Les communications sont très difficiles avec l'entrepreneur, ça fait un an qu'on attend de dire ça. Il y a une fissure dans le solage. On va vous poursuivre en justice. Le vendeur a toujours dit n'importe quoi, il faut le congédier. Les portes extérieures ne ferment pas comme il faut, etc.
Ça fait toujours du bien de voir qu'il y a plus crinqué que soi. Bien entendu, j'ai moi-même vécu plusieurs frustrations. On se souvient que je n'avais pas de cuisine quand j'ai déménagé... Mais disons que j'ai une bonne résilience : ) J'avais un peu pitié pour la pauvre administratrice qui était livrée en pâture. Et elle avait toujours de mauvais arguments. Vous savez, on a beaucoup de condos à livrer, c'est difficile d'offrir un bon service. Non, tu n'as pas dit ça pour vrai?
Point positif de la soirée: une solidarité s'est immédiatement créée entre les copropriétaires, un an après la livraison de l'immeuble. Peut-être même des amitiés en vue. Point négatif: c'est un peu troublant d'entendre tous les témoignages. Chez moi, ça va, mais que dire de l'édifice? Est-ce que tout va s'écrouler?
On va le savoir, puisque l'Élu de mon coeur et moi sommes devenus des administrateurs du syndicat. So, so, so.
22 octobre 2009
Au nom de tous les miens
Je suis né alors que nous ne parlions plus vraiment de ce qui c'était passé lors de la seconde Guerre mondiale. Je me souviens même d'avoir entendu souvent l'expression «je m'en fous comme l'an quarante». Et pourtant, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, c'est tout comme si j'étais né à la même époque.
J'ai eu pas mal de cours à l'université sur le sujet et nous avons abordé les enjeux, expliqué l'humiliation de l'Allemagne et sa volonté de croissance, comparé les forces en présence et évoqué l'horreur des camps d'extermination des Juifs.
Mon enfance, mon adolescence et mon âge adulte ont été peuplés de films et de documentaires sur le sujet. La vie est belle, bien entendu, La liste de Schindler et, il y a longtemps, Au nom de tous les miens. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai été marqué par ces films, parce que je suis allé en Allemagne cet été et que j'ai visité un quartier général de la Gestapo ou parce que j'ai lu dernièrement Le rapport de Brodeck, mais j'avais le goût d'aller plus loin dans cette visite de l'enfer, je voulais sonder ce qu'il y a de plus laid chez l'homme, je voulais comprendre ce que veulent dire les plus anciens lorsqu'ils supplient de ne pas oublier.
J'ai choisi d'y aller avec une autobiographie et pas n'importe quelle. Au nom de tous les miens de Martin Gray. C'est magnifiquement écrit. Ça fait longtemps qu'un auteur n'a pas réussi à autant me faire vibrer. Aucun détail n'est épargné. La réalité crue. Les formules qui choquent.
Martin Gray est un survivant. Il a tout vécu. C'est comme s'il avait eu une centaine de vies. Plus il avance dans son récit, plus il réussit à se convaincre lui-même de la nécessité de survivre. Il s'est donné comme mission de tout raconter. Et sa voix est tout ce qu'il reste des milliers de personnes, les siens, qu'il a vues mourir en tant qu'objet dénué de valeur aux yeux des bourreaux.
Tout ça force à réfléchir. On a beau essayer de contextualiser les crimes, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une cicatrice énorme dans notre histoire. Nous pensions que les barbares étaient morts depuis longtemps, mais en fait, nous avons découvert que l'homme pouvait être bien pire ça. C'est une chose d'être un animal et d'exercer la violence au hasard. C'en est une autre d'organiser la violence, de l'industrialiser comme l'ont fait les Allemands. Oui, l'homme, cet être rationnel, a montré que sa faculté de réfléchir mène à bien pire que la loi de la jungle.
Difficile de faire des parallèles qui tiennent la route. Impossible peut-être. Mais le courage de Martin Gray m'interpelle beaucoup. Il me fait réfléchir à mon petit confort. Il me fait également réfléchir aux miens. Lui, il a tout fait pour s'occuper des siens. Il a mis sa vie en danger à plusieurs reprises, alors qu'il n'était pas obligé. Et les miens, qui sont ostracisés à l'école ou même tués dans certains pays juste parce qu'ils aiment autrement, que fais-je pour eux? Rien. J'ai décidé de vivre tranquillement. J'ai pris ma retraite du combat et je n'en suis pas fier. En fait, après avoir lu ce livre, je peux dire que ne suis pas fier de l'humanité entière. Notre civilisation n'est rien au fond, parce que tous nos beaux principes peuvent s'envoler très rapidement et nous ramener à notre état animal et même sous-animal.
04 octobre 2009
I Love
Il y a un renouveau chez moi.
Longtemps, très longtemps, les enfants m'énervaient au plus haut point. Au mieux, c'était l'indifférence. Évidemment, quand ma soeur a eu des enfants et que j'ai été nommé parrain il y a douze ans, je les ai aimés d'office. Mais à cause de l'éloignement géographique et surtout parce que je n'étais pas rendu là dans ma vie, mon rôle a toujours été très limité envers eux.
Je me suis repris hier. J'ai décidé d'inviter pour sa fête mon filleul au rallye automobile auquel je participe annuellement. Je me suis installé avec lui à l'arrière de la voiture et ensemble, nous formions une équipe. Nous étions responsables du temps, des archives et des réponses aux questions. Selon la Marquise, autrement nommée la queen du rallye, il s'agit là d'un rôle essentiel. Je crois qu'il a bien aimé. Une preuve? Un moment donné, il fallait identifier ce qui se retrouvait perché au sommet d'un toit rouge situé de l'autre côté de la rivière. Dans la liste des items à apporter pour le rallye se trouvaient des jumelles. Bon, j'avoue que je suis allé en acheter chez Dollarama. Pour 1$... Évidemment, ça ne valait pas de la schnoute. On ne voyait rien. Qu'à cela ne tienne, sans que je ne le demande, mon petit soldat a enjambé le ravin et s'est mis à courir comme un perdu dans l'immense champ qui nous séparait de la rivière pour qu'il se rapproche le plus possible dudit toit rouge. J'ai même eu peur quelques secondes quand il est disparu de mon champ de vision. Mais il a fini par apparaître à l'horizon. Mon coeur s'est fendu quand il est revenu et qu'il a déclaré «j'ai tout essayé, mais les jumelles ne sont pas assez bonnes, je ne vois rien». Hon...
Mais on s'est bien amusé ensemble. Je suis content de notre journée. Je me souviens du bon moment où nous avons dû jouer à un immense jeu de serpents et échelles avec des indications codées sur le questionnaire. Il était fou de joie. Bon, un autre membre de l'équipage a fini par nous dire que nous nous étions trompés dans nos calculs, mais ce n'était pas grave. Et que dire de la soirée où on dévoilait les résultats et le classement? Nous avions plusieurs bonnes réponses, mais j'ai senti que j'avais peut-être eu une défaillance dans la gestion du temps. Problème: quand j'ai invité mon filleul à la compétition, je lui ai vanté le tout en lui disant qu'on finirait premiers... Alors, j'ai travaillé fort pour diminuer les attentes. C'était quand même bien de pouvoir jubiler ensemble jusqu'au moment où ils ont annoncé la 12e position, la nôtre. Mais il n'était pas si déçu. J'ai eu ma récompense quand il m'a répondu: «on se reprendra l'année prochaine».
C'est pour que ça que je disais plus tôt que je ressentais un renouveau chez moi dans ma fibre «monclelle». Mais il y a plus.
Il y a d'abord eu la naissance de ma seconde filleule, fille vénérable de la Marquise. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais j'avais décrit ici sur Vecteur mon coup de foudre pour elle.
Puis, il y a maintenant ma charlotte aux fraises dont je suis officiellement le vice-fée parraine. Je n'ai jamais vu aussi souvent un bébé de ma vie. Et savez-vous quoi? Je m'y attache pour vrai. Ce que j'aime par-dessus tout, c'est que mon amie K me laisse de la place. La minute où je franchis la porte, elle me sacre le bébé dans les bras. J'exagère à peine. J'ai même eu à changer la couche et à donner le biberon. Je me trouve pas mal bon. Ma spécialité? La calmer de ses pleurs. Je la promène partout, je lui chante des chansons ridicules et elle aime ça. Dès que je tente de m'asseoir because bras morts, elle se remet à hurler. Alors je me lève et je lui chante de tout mon coeur «I just call to say, I love you». Elle adore. Surtout quand je vais chercher des notes graves.
Vendredi passé, K avait l'air fatiguée plus que jamais. Je n'arrivais plus à distinguer ma greluche derrière les cernes. Prince V aussi. C'est alors que je leur ai dit qu'ils pouvaient aller se coucher et que fée-parraine et moi, on allait s'occuper de tout. On a réussi à préserver le calme dans la maison pendant une bonne heure. J'étais tellement content de pouvoir faire ça pour mes amis. Quand j'ai vu qu'elle commençait à sortir la langue, j'ai même tenté de préparer un biberon. Une chance que K s'est levée, car j'avais oublié de mettre le fond du biberon. Elle qui prend tellement de temps à se traire... Je m'en serais voulu énormément.
Oui, je découvre vraiment une nouvelle fibre en moi. Je ne sais pas encore exactement ce que ça signifie, mais je sens que je me rapproche de plus en plus de ce concept de «famille élargie, famille de choix» dont me parlait K.
I love.
02 octobre 2009
Bonne fête maison
Ça fait un an que je suis déménagé. Ah! comme le recul se fait vite. J'ai tout oublié des problèmes. Je me souviens que j'avais peur du déracinement. J'avais peur de perdre mon chez-moi, ce sanctuaire qui apparaît comme un pilier de la vie.
Le concept de chez-soi est-il vraiment aussi important que l'on pense?
C'est quand on déménage que nous voyons que ce n'est pas le matériel (ses murs) qui font le chez-soi, mais c'est plutôt quelque chose d'immatériel comme ce sentiment d'être à l'abri qui fabrique l'impression d'avoir un espace protégé.
28 septembre 2009
La voiture rouge vin
Chaque matin, j'emprunte le même trajet pour me rendre à pied au travail.
Ma personnalité fait en sorte que je remarque une foule de détails complètement inutiles. Un exemple? Dans mon trajet, je marche sur Jeanne-Mance, de René-Lévesque jusqu'à Sainte-Catherine. Il y a quelques espaces de stationnement qui sont bien entendu tous accompagnés de parcomètres bien gourmands. Tous? Pas tout à fait. Il y a une petite zone libre de toute indication située entre une entrée et le début d'un débarcadère bien délimité par une affiche. Or, chaque matin, la même voiture, rouge vin, est stationnée dans ce minuscule endroit pendant que le reste des crétins doivent payer leur parcomètre. Quelqu'un a trouvé la crosse. Probablement qu'il arrive dès que le balai à rue soit passé à 7h. Une journée complète de stationnement sans payer, toute une aubaine!
Je suis sûrement un fru de la vie, mais cette situation m'énerve. Je trouve ça injuste. Injuste pour les autres et, à la limite, injuste pour la Ville de Montréal qui perd des revenus. Bon, je devrais passer mon chemin et ne pas m'en faire avec ça. Après tout, je suis un piéton et ça ne me concerne nullement. Ce n'est qu'une petite goutte dans un océan d'incohérences montréalaises. Oui, je pourrais appeler la Ville pour leur dire de corriger cette erreur. Probablement qu'ils ne feraient qu'allonger la zone de débarcadère. Je ne sais vraiment pas ce que j'y gagnerais.
Tout ça me fait peur. Je me trouve freak. Je me trouve mean. On dirait que je souhaite le malheur du propriétaire de cette voiture rouge vin. Un inconnu sans visage pour moi. Pourquoi est-ce que j'ai la manie de supposer qu'il s'agit d'une personne insignifiante? Dans ma tête folle, je suppose qu'il s'agit d'un crosseur qui vole la place d'une personne sans défense. Je ne suppose jamais le contraire. Décidément, je n'ai pas une bonne estime du genre humain.
16 septembre 2009
Ma première fois
Ma mère a oublié son paquet de cigarettes chez moi. Il en restait 4 à l'intérieur. Comme elle a l'intention d'arrêter de fumer et que je ne la reverrai pas dans l'immédiat, j'ai pensé jeter le tout. Et c'est alors que je me suis rappelé que je croise chaque jour une dizaine de mendiants qui, sans exception, fument. J'ai mis le paquet dans ma poche en me disant que je pourrais peut-être le donner à celui qui est invariablement posté au coin McGill College et Sainte-Catherine.
Il faut que je me confesse. De toute ma vie, je n'ai jamais donné un sou à un mendiant. Jamais arrivé. Pourquoi donc? Officiellement, je pourrais tenir un discours semblable à celui du maire d'Ottawa à l'effet qu'il ne faut pas nourrir les mouettes si on ne les veut plus de son paysage. Ou alors, suis-je cheap? Je ne sais pas trop. Une réponse pragmatique et dénuée de méchanceté serait que je réussis toujours à passer ma monnaie partout. En tout cas.
Toujours est-il qu'en arrivant près du coin McGill College et Sainte-Catherine, je me suis mis à hésiter. Ça fait un an que je croise le même homme chaque jour et je ne lui ai jamais parlé. Pire, je ne l'ai jamais vraiment regardé. Maudit iPod! Comment l'aborder? Et surtout, ai-je le goût de devenir son nouveau meilleur ami? Ai-je le goût de lui parler chaque jour? Ai-je le goût de me sentir obligé de lui donner quelque chose de temps en temps? Bref, ai-je le goût de passer les douanes à chaque jour?
J'ai donc décidé de donner ledit paquet à un gars que je n'avais jamais vu. Il fumait devant une église. Je lui ai donné le paquet et il m'a souri. Et savez-vous quoi? Je n'ai rien ressenti. Décidément, je suis vraiment un être froid.
14 septembre 2009
Ma vieille charpente
Eh oui, j'ai franchi le cap des 33 ans. Et j'en veux pas un crisse qui me dise que j'ai l'âge du crisse!
En vérité, je vous le dis, en ce jour d'anniversaire, j'ai pris conscience de quelque chose.
Imaginez un édifice qui a été construit en 1976. Ça fait 33 ans qu'il tient debout. Il a dû affronter des tempêtes, mais il a surtout dû affronter l'usure du temps. C'est long 33 ans pour un immeuble. Si personne ne l'a rénové, il y a de grandes chances que les fenêtres laissent passer l'air, que la brique soit craquée, qu'il y ait des fissures dans les fondations, que le toit laisse passer l'eau, que les planchers soient grafignés, que les armoires ne soient plus à la mode...
Ma propre charpente a 33 ans. Et j'analyse son état. Un peu de gras, un peu de boutons, quelques cicatrices et un dos en compote. 33 ans à supporter la vie, c'est beaucoup. Et on se scandalise des séxagénaires qui ont recours à la chirurgie plastique!
27 août 2009
Gaydar
Un collègue straight m'a demandé si c'est vrai que les homosexuels ont un «gaydar», c'est-à-dire une capacité à détecter l'orientation sexuelle des gens sans leur demander explicitement. Pas facile de répondre à cette question sans avoir l'air fou. Car lorsqu'on y pense deux secondes, l'efficacité d'un gaydar est nécessairement fondée sur des stéréotypes.
Pour ma part, mon gaydar est plutôt déficient. Jusqu'à maintenant, je me suis à peu près toujours trompé. Il faudrait peut-être juste accepter les résultats, mais à l'inverse de ce que je pense? Non en fait, car si je me trompe souvent par rapport à un hétéro que je croyais gai, l'inverse ne s'est à peu près jamais présenté. Ceux que je crois hétéros sont effectivement hétéros.
Certains se demanderont d'où vient cette lubie. Il n'existe pas de «straightdar»! En fait, au lieu de parler d'un outil ultra précis, il faudrait parler d'une sensibilité. Quand tu es hétéro, tu présumes que la Terre entière est hétéro. Tu n'as pas à te poser de questions. Quand tu es gai, le flirt va moins de soi. Il faut allumer le gaydar avant...